The Twilight Zone 2019 – Pilote « The Comedian »

Créateur : Rod Serling

Créateurs de la version 2019 : Marco Ramirez, Jordan Peele, Simon Kinberg

Scénariste : Alex Rubens

Réalisateur : Owen Harris

Monteur : Scott Turner

Directeur photo : Mathias Herndl

Compositeurs : Marco Beltrami, Brandon Roberts

Narrateur : Jordan Peele

Episodes : 1x56mn, 1x35mn

Origine : USA

Genre : Remake de série

Acteurs Principaux : Kumail Nanjiani

Producteurs Exécutifs : Jordan Peele, Simon Kinberg, Marco Ramirez, Win Rosenfeld, Audrey Chon, Carol Serling, Rick Berginyon

Chaîne : CBS

Où je vois ça en France? Nulle part

Note : 6/10

Deux remakes de la série d’anthologies de Rod Serling (1959) ont été produits avant celui-ci : la Cinquième dimension (1985) et la Treizième Dimension (2002). Bryan Singer devait à l’origine développer le troisième revival de la quatrième dès 2012. Simon Kinberg (scénariste et producteur de la franchise X Men) joignit la production en 2016. Fort du succès de Get out, Jordan Peele approcha CBS en 2017 pour relancer le projet sous la houlette de sa boîte de production, Monkeypaw Productions. Peu après, Marco Ramirez (la série Daredevil, Orange is the new black) rejoignit la production. Bien qu’il n’y ait pas de showrunner en titre sur la série, le réalisateur Greg Yaitanes est chargée de veiller sur la continuité du show. La série est lancée le 1er avril 2019 sur CBS.

Il n’y a pas de formule pour détecter l’ADN d’une série, les éléments qui la constituent et qui feront qu’elle pourra être transposée à une autre époque sans perdre sa substance. Ou bien qu’elle ne puisse être transposée que comme un ersatz portant le même nom, cet ADN étant trop intiment lié à l’époque à laquelle elle a été diffusée. The Twilight zone a déjà été remakée et il a été prouvé que son concept peut très bien passer la barrière du temps, bien qu’il perde à chaque fois une partie de la saveur de l’original. Jordan Peele et ses compères ont visiblement choisi un compromis entre une certaine déférénce envers son créateur Rod Serling (la note d’intention est dans le générique) et une mise au goût du jour qui le rapproche des standards télévisuels de 2019. Ce compromis donne un résultat tiède.

Ce pilote raconte l’histoire d’un comédien de stand up sans succès, puisque tentant de faire rire avec des sujets sérieux. Après avoir rencontré un autre comédien, il applique ses conseils en se moquant de gens qu’il connaît. Le succès est immédiat. Mais les applaudissements du public ont pour effet de faire disparaître chacune des personnes dont il s’est moqué, comme si elles n’avaient jamais existé. Khumail Manjani, le Dinesh de Silicon Valley interprète solidement le rôle titre sur une durée de plus de 50 mn. Le narrateur Jordan Peele intervient au début et à la fin de l’épisode, le générique est joliment revisité en conservant les fondamentaux et nous nous attachons toujours à un personnage qui se retrouve malgré lui dans cette quatrième dimension, donc à un point de vue unique. A l’instar des films de Jordan Peele (Get out et Us), l’histoire de The Comedian est originale. Elle décrit un des maux de son temps – la moquerie comme forme d’humour la plus efficace – au travers du parcours de son personnage principal. La réalisation met en valeur l’action. Une grande partie de l’ADN de la quatrième dimension est donc bien là.

La grande nouveauté réside dans la proximité établie avec le comédien, un désir de connexion manifesté par les lenteurs volontaires du récit, l’effet de répétition des scènes et le retrait de la narration qui favorise que l’on se noie progressivement dans sa psychose. Pas de séparation en actes, pas de jugement du narrateur pour mettre en perspective que nous sommes dans une fable et pour cet épisode, une absence totale de concision. Or, la concision était un des éléments les plus importants de the Twilight Zone. Elle dérivait probablement de la parenté de la série avec les courtes nouvelles de SF – une histoire sans trop de personnages qui va d’un point A à un point B, un twist qui emporte le morceau. Maintenant que les séries se sont émancipées, il paraît difficile de les envisager comme quelque chose d’aussi simple, mais pourtant efficace. Ainsi le twist de ce segment est-il noyé par tous les à-cotés que nous offre l’épisode et par la longueur du cheminement du point A au point B. Malgré son originalité et le fait qu’elle se tienne pour elle-même, l’histoire apparaît bancale dans le contexte du show. Reste à voir si cette forme plus diluée se supportera mieux sur la longueur de la série.


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