Le Vent de la Liberté – Ballon

Le plus grand écueil du film se situe dans la faible exposition des enjeux qui conduit à rendre les protagonistes antipathiques. En contextualisant plus sur l’oppression régime de l’Est et en donnant à voir ce qui les attendait à l’ouest, l’idée d’une liberté à atteindre aurait eu plus de sens.

Réalisation : Michael Bully Herbig

Scénario : Michael Bully Herbig, Tilo Röscheisen, Kit Hopkins

Directeur Photo : Torsten Breuer

Chef Monteur : Alexander Dittner

Bande originale : Ralf Wegenmeyer

Chef décorateur : Bernd Lepel

Directeur de production : Christian Held

Budget : Inconnu

Durée : 2h06

Pays : Allemagne

Sortie le 10 avril 2019

Production : Michael Bully Herbig, Uli Fauth, herbX Film GmbH, StudioCanal Deutschland, Seven Pictures

Genre : Thriller Historique

Acteurs Principaux : Friedrich Mücke, Karoline Schuch, David Kross, Alicia Von Rittberg, Thomas Krestchmann

Note : 5/10

Le 16 septembre 1979, deux familles vivant en RDA parviennent à passer à l’ouest en Montgolfière. Voilà pour le spoiler, si vous ne connaissiez pas l’histoire et si vous n’aviez pas vu le film Disney qui la relatait déjà en 1982 (La nuit de l’évasion, avec John Hurt). Mais peu importe la destination, une tel voyage vaut de l’or, à la fois consensuel et poétique, opposant un régime Goliath à une poignée de David, qui plus est en famille. L’intrigue est simple, Suite à un premier échec de vol, les protagonistes décident de reconstruire la machine avec sur la tête la menace de l’enquête en cours de la Stasi. Un postulat qu’il ne réussira jamais à transcender, faute d’une exposition suffisante des enjeux. La famille en question a de bonnes conditions de vie en RDA (relativement au régime). La liberté qu’elle vise ne semblant à première vue ne tenir qu’à des considérations matérialistes. En contextualisant plus sur l’oppression régime de l’Est -il y’avait de quoi faire – et en donnant à voir ce qui les attendait à l’ouest, l’idée d’une liberté à atteindre aurait eu plus de sens. Durant une grande partie du film, on ne perçoit que la poursuite d’un idéal théorique qui met gravement en danger les enfants, ce qui rend les adultes profondément antipathique et contribue à rendre banale une histoire pourtant exceptionnelle. Paradoxalement, la famille qui avait plus de raisons de risquer le voyage et à l’origine de la conception du ballon est reléguée en toile de fond.

Cette difficulté à suivre les héros dans leur entreprise aurait pu trouver une béquille dans la poursuite opérée par la Stasi. Celle-ci parvient parfois à éveiller l’intérêt, mais ne sort que peu des passages obligés auxquels ont pouvait s’attendre. L’institution apparaît souvent à la traîne en dépit des erreurs des personnes qu’elle poursuit et se positionne difficilement comme une menace dans l’objectif final. Bref, bien peu de choses pour se sentir concerné par l’aventure, si ce n’est une bande originale investie qui parvient à réhausser quelques moments. Ce vent de liberté est une preuve qu’une bonne histoire ne produit pas forcément un bon film. Les spectateurs déçus par autant de tiédeur pourront se reporter sur le très bon Leto (2018) qui avait su transmettre le malaise et l’envie d’évasion de la scène rock russe des 80’s ou bien sur l’excellente série « The Americans ».

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