L’Internat-Boarding School

L’internat prend le film d’horreur frontalement, en évitant ses poncifs et en l’élevant. Son absence de manichéisme doublée d’un parcours du héros et d’un style atypique en font un film rafraichissant.

Réalisation : Boaz Yakin

Scénario : Boaz Yakin

Directeur Photo : Mike Simpson

Chef Monteur : Martin Brinkler

Bande Originale : Lesley Barber

Chef décorateur : Mary Lena Colston

Création des décors : Cheyenne Ford

Budget : Inconnu (mais peu élevé)

Durée : 1h51

Pays : USA

Sortie VOD le 20 janvier 2019 et DVD/Bluray le 18 février 2019

Production : Jonathan Gray, Scott Floyd Lochmus, Jason Orans, Celine Rattray, Trudie Styler, Gigantic Pictures, Maven Pictures

Genre : Horreur

Acteurs Principaux : Luke Prael, Will Patton, Samantha Mathis, Sterling Jerins, Nadia Alexander

Note : 7/10

L’internat prend son temps pour poser son atmosphère et accoutumer le spectateur à son héros Jacob, 12 ans, en pleine crise d’identité sexuelle. L’enterrement de sa grand-mère, une femme qu’il n’a pas connue, fait ressurgir l’Histoire de ses ancêtres juifs, une part de lui-même qu’il ne connaissait pas. Surpris par son beau-père en train de danser dans la robe ensanglantée de sa grand-mère, Jacob est envoyé dans un pensionnat dirigé par le Dr. Sherman, professeur religieux qui ne lésine pas sur les châtiments corporels. Au milieu d’enfants inadaptés et rejetés par leurs parents, il y retrouvera la très mature Christine et rencontrera le jeune Phil, un grand brûlé, auquel il se liera d’amitié. Quelques morts plus tard parmi les élèves, Chris comprend que ce pensionnat n’a rien d’une école religieuse normale. Et ce film n’a rien d’un film d’horreur normal. Naturaliste et posé dans sa première partie, il fait penser à Hérédité dans sa manière de s’attarder sur les détails de la vie quotidienne, à ceci près qu’il n’incorpore aucun motif horrifique. L’arrivée à l’internat conserve le même rythme, le film s’intéressant plus à la description des occupants et de leurs rapports qu’à nous apporter des frissons ou des jump scares. Mais un décalage étrange s’insinue peu à peu comme la photo naturaliste du film vire vers des teintes plus affirmées. Les teintes du film d’affirment à mesure qu’il se tranforme en film d’épouvante baroque, à mi-chemin entre le cinéma ibérique (sa veine horrifique autant qu’Almodovar) et Mario Bava. Le final partagé entre flamboyance visuelle, farce cruelle et révélation toute en finesse du héros atteste d’un étonnant grand écart parfaitement maîtrisé. Luke Prael et Will Patton bouffent littéralement l’écran.

Boaz Yakin parvient à utiliser le genre horrifique comme un vaisseau pour l’affirmation de l’identité sexuelle marginale de son héros et d’un passé historique lié à la condition des juifs. Une robe ensanglantée oeuvrera comme un élément de poltergeist pour le passage de témoin entre deux générations. L’ambiguité et la maturité du héros, véritable survivant, se retourneront de stigmates en véritable force. L’internat prend le film d’horreur frontalement, en évitant ses poncifs et en l’élevant (Boaz Yakin fut producteur des Hostel et de 2001 Maniac, il connaît bien le genre). Il le plaque dans une réalité cruelle où les adultes n’ont pas le beau rôle et où les adolescents ne sont pas non plus des victimes toutes désignées. Cette absence de manichéisme doublée d’un parcours du héros et d’un style atypique en font un film rafraichissant, sans doute le plus atypique de ce début d’année.

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