Alex, le Destin d’un roi- The Kid Who Would Be King

Réalisation : Joe Cornish

Scénario : Joe Cornish

Directeur Photo : Bill Pope

Monteurs : Jonathan Amos & Paul Machliss

Bande Originale : Electric Wave Bureau, Nick Angel

Directeurs artistiques : James Collins, Nigel Evans, Katrina Mackay, Jonathan Houlding

Chef décorateur : Marcus Rowland

Chef costumier : Jany Temime

Budget : 59 M$

Durée : 2h00

Sortie le 10 avril 2019

Production : Tim Bevan, Eric Fellner, Nira Park, James Biddle, Rachel Prior, Working Title Films, Big Talk Productions

Genre : Fantasy, Aventures

Acteurs : Louis Ashbourne Serkis, Dean Chaumoo, Rhianna Dorris, Tom Taylor, Angus Imrie, Patrick Stewart

Note : 7/10

L’idée d’une nouvelle adaptation du mythe du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde n’est pas ce qu’il y’a de plus excitant, la faute aux adaptations récentes qui oeuvraient pour une forme de démythification. La série Merlin prenait des chemins plus originaux, mais sans parvenir à transporter suffisamment de naïveté ou de candeur pour restituer toute la force d’une histoire qui semble peut-être trop vieux-jeu pour notre temps. La force de cette sympathique adaptation de Joe Cornish est d’assumer le merveilleux et son pouvoir d’inspiration sur les plus (et les moins) jeunes tout en conservant un contexte social fort. C’est ce qu’il avait déjà fait en 2011 avec plus ou moins de réussite sur Attack the Block, lorsqu’il avait plaqué du Amblin dans une cité londonienne. Alex le destin d’un roi est beaucoup plus inoffensif – ciblant les jeunes adolescents – mais aussi plus déséquilibré.

Il s’inscrit ouvertement dans une époque sombre (la nôtre, il faut s’y faire!) au sein de laquelle beaucoup d’anglais ont intégré la division comme une solution (le Brexit) et où aucun chef ne semble assumer son rôle avec honneur et désintéressement. Alex est donc un message du scénariste/réalisateur à la jeunesse anglaise, sommée d’oublier tous les discours défaitistes, de viser l’union pour construire quelque chose de durable et de réécrire les anciens mythes dans lesquels ils ne se reconnaissent plus (notamment de s’affranchir du sang royal du héros) . Le discours sonne malheureusement plus comme une suite d’injonctions pour dépasser un chaos social que comme l’illustration de ce qu’il raconte et le parcours du héros se noie trop souvent dans la chronique sociale « indie ». Pour ré-adapter ce mythe universel à notre époque, on aurait aimé plus de hauts faits d’arme et d’enjeux.

Mais s’il autorise à égratiner le mythe, le film de Cornish prend aussi beaucoup de plaisir à invoquer ses reliques, que ce soient les lieux magiques préservés ou les vieux bouquins sur les chevaliers de la Table Ronde. Les passeurs de la fantasy de ces dernières décennies ne sont pas en reste : Une poursuite à cheval renvoie à celle des nazguls et une partie du film se calque sur la communauté de l’anneau, Merlin arbore un t-shirt Led Zeppelin, la lutte finale contre Morgane et ses damnés évoque l’union des lycéens de Sunnydale dans la fin de la saison 3 de Buffy contre les vampires, le ton décalé et jusqu’au boutiste de l’irruption de Merlin renvoie au Doctor Who de Steven Moffat, qui avait co-scénarisé avec Cornish Tintin et le secret de la Licorne. Portée par la conviction de ses jeunes acteurs, cette résurrection des valeurs de la Table Ronde ne déplace pas des montagnes, mais elle pointe l’épée dans la bonne direction. Celle d’un ré-enchantement d’une culture populaire devenue un peu trop terre à terre.

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