The Victim

Bien aidé par des acteurs qui forcent à l’identification, des personnages décrits comme équilibrés et dont la souffrance est légitime, Rob Williams ne déconsidère aucun des points de vue de ses personnages. Il peut ainsi sortir le spectateur de sa zone de confort manichéenne et l’interroger sur son rapport à ce système à mesure que son empathie fluctue de l’un à l’autre.

Créateur/scénariste : Rob Williams

Réalisation : Niall MacCormick

Compositeur : Samuel Sim

Directeur Photo : Jan Jonaeus

Montage : Paul Knight, Mike Phillips

Casting : Jill Trevellick

Direction artistique : Laura Donelly, Tanya Miller

Chef Décorateur : Monica Black

Origine : Britannique

Genre : Drama Judiciaire

Episodes : 4x60mn. Diffusés sur BBC1 dès le 4 avril 2019

Acteurs : Kelly MacDonald, James Harkness, John Hannah, Jamie Sives, Karla Crome, Isis Hainsworth, Andrew Rothney

Production : Matt Murdoch, Sarah Brown, Jenny Frayn, Gaynor Holmes, Elizabeth Kilgariff, Rob Williams

Où je vois ça en France ? Nulle Part

Note : 7,5/10

Il y’a des séries qu’on n’attend pas au tournant. Sur le papier, The Victim est un post-Broadchurch (série déjà inspirée par The Killing). Nous nous trouvons bien devant un drame psychologique judiciaire construit autour d’un meurtre, dans une communauté fermée, mais l’identification s’arrête là, car -détail déterminant- ce meurtre a été commis plus de dix ans auparavant. L’adolescent qui avait tué le jeune Liam Graham a été condamné, puis relâché, mais il a changé de nom pour assurer sa sécurité. Des fuites sur internet indiquent que le coupable s’appelle désormais Craig Myers et qu’il a une femme et une fille, invitant à venger le jeune Liam. Myers est attaqué le jour d’Halloween (rien à voir avec Michael). Le policier en charge de l’affaire voit ses soupçons s’orienter sur Anna Dean, la mère de Liam Graham qui pourrait bien avoir tenté de tuer celui qu’on identifie comme le meurtrier de son enfant. La « victime » du système judiciaire est-elle devenue coupable d’une tentative de meurtre? Si nous attendons fébrilement de savoir si ce nouveau procès éclairera le passé autant que le présent, le plus grand intérêt de cette confrontation se trouve dans l’étendue des questionnements posés et l’intelligence d’affronter l’affaire dans toute sa complexité . Exposant ce cas limite, The Victim aborde les carences du système judiciaire face à l’élément humain qui peuvent mener une victime à devenir un coupable. Bien aidé par des acteurs qui forcent à l’identification, des personnages décrits comme équilibrés et dont la souffrance est légitime, Rob Williams ne déconsidère aucun des points de vue de ses personnages. Il peut ainsi sortir le spectateur de sa zone de confort manichéenne et l’interroger sur son rapport à ce système à mesure que son empathie fluctue de l’un à l’autre.

Passés les deux premiers épisodes d’exposition et d’installation des personnages, la série peut s’épanouir dans ce jeu des « gris ». Un bel équilibre se produit alors entre les longs moments de vérité, les interactions humaines et le whodunit. La réalisation appliquée et sans tape à l’oeil de Niall McCormick accompagne remarquablement le tout, mais la palme revient sans aucun doute au scénario de Rob Williams finement écrit et calé à merveille dans son format 4x60mn. On a aucune peine à accepter que le type derrière cette série sans grande ambition – et pourtant si juste- ait participé à l’écriture et la production de The Man in The High Castle. The Victim baisse peut-être un peu sa garde sur le dernier épisode, cédant à quelques facilités, mais il nous rattrape pour nous prendre à la gorge sur une scène de conclusion éprouvante, portée avec justesse par Kelly MacDonald et James Harkness. Puis une citation vient rappeler l’intention des ces quatre épisodes, mais pas besoin, ils étaient déjà limpide.

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