Avengers : Endgame

Endgame réussit à conclure correctement ces dix années, mais d’une façon simpliste et sans gloire, en se bornant à récolter ce qui a été semé. Avec une telle première partie, on pouvait s’attendre à mieux.

Réalisation : Anthony & Joe Russo

Scénario : Christopher Markus & Stephen McFeely

Directeur Photo : Trent Opaloch

Montage : Jeffrey Ford & Matthew Smith

Bande Originale : Alan Silvestri

Direction Artistique : Ray Chan

Chef Décorateur : Charles Wood

Superviseur des effets spéciaux : Dan Sudik

Budget : 356 M$

Pays : USA

Durée : 3h01

Sortie le 24 avril 2019

Production : Marvel Studios, Kevin Feige, Victoria Alonso, Louis d’Esposito, John Favreau, Alan Fine, Stan Lee, Mitchell Bell

Genre : Réunion de super Marvel

Acteurs Principaux : Robert Downey Jr., Chris Evans, Josh Brolin, Scarlett Johansson, Chris Hemsworth, Bradley Cooper, Don Cheadle, Jeremy Renner, Paul Rudd, Brie Larson, Karen Gillan, Gwynneth Paltrow

Note : 7/10

11 ans après le coup d’envoi du Marvelverse avec le premier Iron Man, on peut dire que Marvel a réussi son coup. L’idée de récupérer plusieurs générations biberonnées aux super héros des comic books n’était pas un risque puissant et il fut calculé à sa juste valeur lorsque Disney racheta la firme un an plus tard. Arrosé de dix années de blockbusters, à raison de trois ou quatre par an et d’un budget promo colossal, un public beaucoup plus large était tout à fait négociable. D.C Comics n’a pourtant pas tenu la route, en dépit de la renommée de Batman et de Superman. Alors y’a t’il un ingrédient magique? Une qualité supérieure qui a fait que cet opus s’est hissé au rang de film le plus vendeur de tous les temps? S’il y’a une recette, il faut la chercher du côté de Kevin Feige, qui a lancé et « showrunné » dans le sens sériel du terme, ces dix années d’univers cinématographique (et télévisé) Marvel dont Avengers : Endgame est le point culminant. Car le gros point fort de cet opus est la continuité. Une continuité qu’on pouvait déjà observer dans les blockbusters super-héros Marvel depuis l’apparition de Tony Stark au post-générique de l’incroyable Hulk et qui subit ici son apogée dans une visite temporelle de l’univers, véritable coup de coude au spectateur et télespectateur fidèle. Cette continuité se mesure également au placement des derniers films Marvel, AntMan et la Guêpe et Captain Marvel, qui offrent chacun des éléments qui relancent l’intrigue de Endgame. Ainsi dans le sens macro, en le plaçant dans la globalité, le scénario de ce dernier Avengers est plutôt bon. Mais c’est aussi un trompe l’oeil.

L’opus en lui-même n’existe que par ses prédécesseurs et l’univers qui a été installé, ce qui en fait une curiosité qui oscille entre un series finale (l’obligation de clôturer tous les actes héros, le boss, un peu plus de mise en danger) et un film en deux parties. A ce jeu, il perd face à son prédécesseurs, qui avait réussi à lier avec brio l’univers des gardiens de la galaxie aux autres héros et à faire de Thanos un anti-héros puissant qui procurait au film toute son unité. Après un raid punitif envers Thanos, Endgame reprend cinq ans après la disparition de la moitié de la population. Nous voyons les conséquences du monde créé par Thanos et le rôle que les survivants ont pu se créer. Cette première partie qui reprend l’idée de la série Leftovers est la plus réussie du film. Elle dévoile un peu plus les premiers vengeurs (pas les plus intéressants) tout en explorant l’intimité des super-héros dans des situations humaines. Elle permet aussi des HS savoureux, comme ce Hulk serein qui assume son rôle sans colère – Nouvelle preuve que Hulk a toujours été le mieux utilisé dans les films Avengers, la tragédie d’oeil de faucon ou la débâcle du grand Thor. Mais l’entre-soi permanent mène à penser que ce n’est pas 50% mais 90% de la population humaine qui a disparu, ce qui diminue déjà l’enjeu.

La deuxième partie voit revenir Ant-Man et fournit le prétexte à un voyage temporel qui pourra résoudre tous les problèmes. Idéale pour revisiter dix ans de film mais très fainéante, cette option n’a rien d’une idée géniale. Il s’ensuit une préparation et le saut vers l’inconnu (ou le connu) du groupe pour récupérer les précieuses pierres qui annuleront l’acte de Thanos. Arythmique et sans surprise, cette partie paraît extrêmement longue, d’autant plus que la voie du paradoxe temporelle est écartée. Dépouillé de cet aspect ludique trop lourd à gérer, le film se perd dans l’exploration de son propre univers pour préparer la sortie (ou la renaissance) de ses personnages. On en viendrait à penser que l’intrigue n’est qu’un MacGuffin pour conclure. Seule une idée surnage dans ce grand tout : L’utilisation de Nebula, personnage sous-exploité dans les gardiens de la galaxie et qui trouve ici un traitement à la hauteur. C’est la fille délaissée de Thanos qui provoquera la dernière partie, une bataille géante revanche de celle d’Infinity Wars, aussi grandiloquente que bordélique et presque dénuée de tout enjeu. La guerre des dieux se joue loin des humains (qui ont peut-être reconstruit leurs vies, on ne le sait pas…) et on connaît déjà la fin. Reste un sacrifice somme toute logique, mais dont l’impact est noyé par les multiples conclusions du film. Endgame réussit à conclure correctement ces dix années, mais d’une façon simpliste et sans gloire, en se bornant à récolter ce qui a été semé. Avec une telle première partie, on pouvait s’attendre à mieux.

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