1917

Dans cette course entre deux tranchées, aller de l’avant sans se retourner est le maître mot. Cette précarité créée par le plan séquence, le réalisateur aura l’intelligence de ne pas l’ utiliser jusqu’à l’usure, évitant le risque de faire de son film un FPS à peine déguisé.

Réalisation : Sam Mendes

Scénario : Sam Mendes & Krysty Wilson Cairnes

Directeur Photo : Roger Deakins

Assistants Réalisateur : Michael Lerman, Joey Coughlin

Bande Originale : Thomas Newman

Directeurs Artistiques : Simon Elsley, Elaine Kusmishko, Stephen Swain

Chef Décorateur : Dennis Gassner

Chef Monteur : Lee Smith

Cheffe costumière : Jacqueline Durran

Budget : 95 M$

Pays : USA, Royaume-Uni

Durée : 1h59

Sortie en salles le 15 janvier 2020. Sortie DVD/BluRay le 24 juin 2020

Production : Sam Mendes, Pippa Harris, Jayne-Ann Tenggren, Callum McDougall, Brian Oliver pour Neal Street Productions, Amblin Entertainment, Dreamworks Pictures, New Republic Pictures

Genre : Guerre

Acteurs Principaux : George MacKay, Dean-Charles Chapman, Mark Strong, Andrew Scott, Colin Firth, Benedict Cumberbatch

Note : 7,5/10

Première Guerre Mondiale. France. Alors que l’armée allemande semble se retirer peu à peu des tranchées, les soldats anglais Blake et Schofield sont envoyés en mission à travers les lignes ennemies pour prévenir un bataillon de 1600 personnes de ne pas attaquer, sous peine d’être envoyés à la mort. Pour immerger le spectateur dans leur aventure, Sam Mendes a choisi de tourner son film en plan séquence. Du moins en apparence, on décèle dans 1917 trois à quatre plans séquences, les autres étant presque indiscernables (le plus long plan dure 9 mn, ce qui en fait un paquet au final!). Si le travail d’immersion est facilité par un tel parti-pris, il n’est en aucun cas un gage de réussite. Si des films comme La Corde d’Alfred Hitchcock ou le récent Utoya, 22 juillet ont su tirer partie de leur choix jusqu’au boutiste, c’est principalement par leur aptitude à jouer sur le suspens du temps réel. Mendes se sert également de cet argument, mais c’est surtout pour faire ressentir cette obligation de ne pas s’appesantir que rappelle si justement le personnage de Mark Strong.

Toujours aller de l’avant, ne penser qu’à la mission, quitte à laisser définitivement son camarade sortir du cadre. Dans ces conditions, le passé est vite oublié et les deux prochaines minutes dans le futur demeurent incertaines : Une précarité bien justement calculée, mais que le réalisateur aura l’intelligence de ne pas utiliser jusqu’à l’usure, évitant le risque de faire de son film un FPS à peine déguisé. Cette ligne de conduite embrassera donc seulement la première partie du film, jusqu’à une rupture sèche du jour à la nuit qui laisse la part belle à l’immense chef opérateur Roger Deakins (son travail sur la première partie est plus discret, mais tout aussi efficace) et permettra au compositeur Thomas Newman de bien se lâcher. Cette rupture sèche, ce contraste brutal, est un beau calcul. Des images désolées suivent l’attaque en cours d’un village et une chaos désordonné remplace la contemplation morbide. Le spectateur se trouve aussi déboussolé que le soldat. Cela n’empêche pas Sam Mendes de faire respirer son intrigue par quelques temps morts, jusqu’à conclure sur une troisième ambiance, un retour vers l’atmosphère du début du film qui va nous guider vers le climax final. L’histoire peut sembler peu originale et polie pour un succès public et critique. Elle n’en est pas moins si brillamment menée qu’elle fait très vite lâcher toute suspension d’incrédulité pour embarquer avec les sympathiques George MacKay et Dean Charles Chapman.

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