Space Force

La nouvelle farce du duo de The Office US se cherche beaucoup, mais elle parvient à retranscrire une partie de l’absurde d’ambitions spatiales incompatibles avec la puérilité des gouvernants

Créateur / Showrunner : Greg Daniels

Scénaristes : Greg Daniels, Maxwell Theodore Vivian, Steve Carell, Paul Lieberstein, Lauren Houseman, Yael Green, Shepard Boucher, Aasia Bullock, Connor Hine

Réalisateurs : Dee Rees, Paul King, Daina Reid, Tom Marshall, David Rogers, Jeffrey Blitz

Directeur Photo : Simon Chapman

Montage : Rob Burnett, Julie Cohen, Susan Vaill, David Rogers, Timothy A.Kuper, Joshua Toomey

Bande Originale : Carter Burwell

Production : 3 Arts Entertainments, Greg Daniels, Steve Carrell, Howard Klein

Durée : 10 x 30mn

Diffusée sur Netflix à partir du 29 mai 2020

Acteurs Principaux : Steve Carell, John Malkovitch, Ben Schwarz, Diana Silvers, Tawny Newsome, Jimmy O.Yang, Don Lake, Lisa Kudrow, Noah Emmerich, Dan Bakkedhal, Jessica St Clair, Owen Daniels

Genre : Comédie

Note : 7/10

Beau hasard du calendrier que la nouvelle série de Greg Daniels et Steve Carrell, soit lancée la semaine du décollage (réussi) de Crew Dragon, la fusée de Space X. Car le projet d’Elon Musk n’est que le début d’une nouvelle course vers l’espace. La mission « Boots on the Moon » est une version à peine satirique du projet Artemis de la NASA soutenu à fond les ballons (de dollars) par Trump, tandis que la véritable Space Force existe bien depuis 2019, mais elle n’est chargée que de la protection de satellites en orbite autour de la Terre des attaques de puissances étrangères. Rien que ça. C’est donc sous une bonne (ou mauvaise) étoile réelle que le duo gagnant de « The Office US » puise son influence, et il faudra porter des oeillères grosses comme un masque FFP2 pour rater les références à un président accro aux tweets qui a décidé de faire d’une mission lunaire sa nouvelle passion, sur la concurrence réelle de la Chine en la matière -l’arc du finale de la saison, sans trop spoiler- ou d’autres gentils pics disséminés ça et là sur une nouvelle course vers les étoiles aux accents de parodie. Space Force est bourré de clichés qui n’en sont plus, entre un conseil de guerre de gros beaufs, un parlementaire platiste ou les lubies du couple présidentiel. Difficile de trouver le ton de l’humour sans sortir le cynisme lorsque la satire est parfois en deçà de la réalité. Greg Daniels et son acolyte gèrent plutôt bien cette navigation en eaux troubles, cette partie de l’absurde d’ambitions spatiales incompatibles avec la puérilité des gouvernants. La direction générale de la série , elle, a plus de mal à trouver sa marque.

Il est connu que Greg Daniels aime prendre son temps et tester, qu’il affectionne de partir de personnages stéréotypés pour les humaniser sur la longueur. C’était le défi de « The Office », et qu’il retrouve Steve Carell est plutôt une bonne nouvelle. Mark Naird n’est pourtant pas un Michael Scott, c’est un personnage ambivalent, pilote émérite et général doté d’une moralité certaine, il peut se transformer un un crétin capable d’envoyer un singe réparer dans l’espace ou se perdre dans une diatribe patriote. Ce grand écart sans zones de gris est ce qui fonctionne le moins dans la première partie de la saison, qui peut aussi être décevante si on reste sur le standard humoristique de the Office. Les seconds rôles ont aussi du mal à s’imposer, à l’exception du sympathique général Brad Grégory incarné par Don Lake ou d’un John Malkovitch très savoureux en scientifique perdu au milieu de cette farce ou bien la sympathique Diana Silvers en fille désabusée. Il y’a pourtant de la tête connue, entre le Jean Ralphio de Parks & Rec, le Jing Yang de Silicon Valley ou le député Furlong de Veep, ou bien Lisa Kudrow, l’inoubliable Phoebe de Friends en épouse taularde de fortune (qu’on ne sache jamais pourquoi est la meilleure idée de la série), malheureusement tous typecastés. Il faut s’armer de patience pour qu’ils sortent enfin de leur archétype pour apporter quelque chose d’humain à leur rôle. Les derniers épisodes, plutôt feelgood, parviennent à faire s’attacher aux personnages qui deviennent une équipée digne de la vie aquatique de Wes Anderson (toutes proportions gardées, n’est pas Zissou qui veut). La série sait aussi sauter le pas pour sortir de la farce sans se prendre les pieds dans le tapis. On sent qu’elle a fini de se chercher.

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