Jumbo

Un film français qui promet de célébrer la différence, mais échoue par sa froideur et l’enchaînement des lieux communs.

Réalisation : Zoé Wittock

Scénario : Zoé Wittock

Directeur Photo : Thomas Buelens

Assistants réalisateurs : Alex Brown, Bruno DuBois, Grégoire Manuel, Jordy Goncalves Carvalho, Nilton Martins

Montage : Thomas Fernandez

Bande Originale : Thomas Roussel

Chef Décorateur : William Abello

Pays : France, Belgique, Luxembourg

Durée : 1h33

Sortie française le 1er juillet 2020. Sortie DVD/BluRay le 4 novembre 2020.

Sélection du festival de Gérardmer 2020 et du Champs Elysées Film Festival 2020.

Production : Anaïs Bertrand, Gilles Chanial, Anabella Nezri, Marie-Sophie Volkenner, Pascaline Saillant, Caroline Piras, Camille Gentet

Acteurs Principaux : Noémie Merlant, Emmanuelle Bercot, Bastien Bouillon, Sam Louwyck

Genre : Drame

Note : 3/10

Les salles de cinéma étant encore fermées pour quinze jours, la 9ème édition du Champs Elysées Film Festival a lieu cet année en ligne à compter du 9 juin. Le film d’ouverture, Jumbo, a pour originalité de lorgner vers le fantastique, du moins sur le papier. Jeanne est une jeune femme solitaire qui travaille dans une fête foraine et se passionne pour les attractions. Un jour, elle sent qu’une de ces attractions s’anime et cherche à communiquer avec elle. C’est le coup de foudre. Mais la gamine aura bien du mal à vivre cet amour au grand jour face aux préjugés de son entourage et à un monde qui condamne tout ce qui s’écarte des relations amoureuses normées. Un tel pitch pouvait laisser espérer une fable fantastique, voire merveilleuse, qui nous immerge dans le ressenti de Jeanne afin de nous faire accepter son point de vue, une relation destructrice guidée par l’emprise de la machine ou bien puisque nous sommes dans le cas d’un premier lmng une troisième option plus originale, une voix à part en accord avec son thème qui sort des sentiers battus. Jumbo n’est rien de tout ça.

Il présente quelques scènes de complicité entre la jeune femme et la chose qui s’anime, mais ce ne sont que des instants imparfaits au milieu d’un film français lambda. Parfois ils fonctionnent (un beau plan porté par une musique inspirante qui n’est pourtant pas le climax), mais le plus souvent ils échouent, pêchant par abstraction (la scène du rapport sexuel) ou par une réalisation qui ne s’affranchit jamais de son statut d’observateur. On aurait d’ailleurs tort d’y voir un film fantastique car il laisse planer un doute suffisamment fort pour que cet amour soit interprété comme une forme de schyzophrénie de l’héroïne. Ce qui intéresse Zoe Wittock, c’est l’opposition du désir de Jeanne et de la norme. Dès lors, ce sont les relations humaines qui prennent le pas sur tout le reste. Et là encore, il y’a une grande difficulté à obtenir quelque chose des échanges qui nous sont présentés, tant les personnages sonnent creux, sont dénués d’histoire et de caractère, et leurs interactions paraissent forcées. Les enjeux sont de plus constamment soulignées par les dialogues, tout comme le thème du film. Jumbo présentera le schéma prévisible du conflit familial conclu par une acceptation de la déviance, sans qu’une scène particulièrement forte ne vienne soutenir chacune des parties du récit pour le tirer de la banalité. On peut se surprendre à rêver de ce qu’aurait pu donner un tel script entre les mains d’un(e) Terry Gilliam francophone, et ce que cette idée de départ, l’amour d’un objet, aurait pu dégager de magie, mais trop d’empathie pour l’héroïne aurait probablement fait fuir les financements.

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