Exit – Cutterhead

Intéressant survival social dans sa première partie, Exit pèche finalement par absence d’ambitions et de ne pas savoir poser sa caméra, comme nombre de ses prédécesseurs

Réalisation : Rasmus Kloster Bro

Scénario : Rasmus Kloster Bro, Mikkel Bak Sorensen

Directeur Photo : Martin Munch

Assistant Réalisateur : Nikolaj Storgaard Mortensen

Monteur : Jakob Juul Toldam

Bande Originale : Sos Gunver Ryberg

Son : Peter Albrechtsen, Lars Halvorsen

Directrice Artistique : Kristine Koster

Pays : Dannemark

Durée : 1h24

Sortie en salles le 15 juillet 2020. Sortie DVD/Bluray le 1er décembre 2020

Acteurs Principaux : Christine Sonderris, Samson Semere Russom, Kresimir Mikic

Production : New Danish Screen, Amalie Lyngbo Hjort

Genre : Survival souterrain

Note : 6,5/10

Premier film du Danois Rasmus Kloster Bro, Cutterhead est a fait le tour d’une poignée de festival et il mérite bien sa place dans une salle de cinéma. Il y’a clairement plus glamour que trois personnes enfermées sous terre en ce moment, mais un petit survival bien shooté fait toujours plaisir. La première partie du film est en cela exemplaire, particulièrement immersive, au son soigné et au déroulement très réaliste. Rie, journaliste, est chargée d’un reportage promouvant la construction du métro de Copenhague. Elle se balade, pose des questions fermées aux ouvriers, prend des photos et se fait même accorder une visite à l’intérieur de la foreuse par un ouvrier croate, Ivo et son jeune assistant Bharan, immigré érythréen. Soudain, un incendie se déclenche et Rie se trouve enfermée avec les deux ouvriers. Tous trois devront donc survivre, confrontés à l’absence d’oxygène et à des secours qui semblent les avoir oublié.

La précision technique du scénario permet très vite de se dégager des found footages et films claustrophobes de pure exploitation qui pullulent depuis 20 ans. Nous ne sommes même pas dans le même monde qu’un REC car le faux point de vue caméra à l’épaule créé pour accentuer l’effet documentaire laisse vite place à une réalisation plus sensorielle sensée nous faire épouser les sentiments de l’anti-héroïne. Cette partie sera nécessaire pour nous faire adhérer à l’histoire car Rie est plutôt antipathique et elle n’est pas franchement aidée par le sous-texte social qui parcoure le film. L’idée est bien sûr de confronter Rie avec ces déracinés qui ont été forcés de quitter leur famille et leur pays pour gagner de l’argent. Cet arrière plan est plutôt bien amené, mais il est aussi trop évident. Lorsque le survival commence à faire du surplace, tous ses éléments qui avaient si bien servi l’exposition, le discours social et l’immersion, font un peu cache-misère. Les expérimentations rendent même la dernière partie du film peu lisible et peu agréable à suivre, tout sentiment de claustrophobie ou de panique voulus mis à part. Jusqu’à la dernière scène, on attend du liant, quelque chose qui permettrait de s’attacher plus aux personnages, des rebondissements plus marqués ou un peu plus de positionnement dans l’espace. Très prometteur, Exit pèche finalement par absence d’ambitions et de ne pas savoir poser sa caméra, comme nombre de ses prédécesseurs. Mais pour un premier film, il est plutôt encourageant.

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