Kajillionaire

Le film de Miranda July raconte l’initiation d’un animal appeuré au contact physique, une sorte d’apprivoisement progressif qui prend son temps et qui enveloppe le spectateur

Réalisation : Miranda July

Scénario : Miranda July

Assistant Réalisateur : Jonas Spaccarotelli

Directeur Photo : Sebastian Wintero

Monteuse : Jennifer Vecchiarello

Bande Originale : Gabe Hilfer

Chef Décorateur : Sam Lisenco

Direction Artistique : Jessica Shorten

Production : Dede Garner, Youree Henley, Jeremy Kleiner, Amber Sealey, Brad Pitt, Sarah Esberg, Megan Ellison, Jillian Longnecker

Pays : USA

Durée : 1h44

Sortie en salles le 30 septembre 2020

Acteurs Principaux : Evan Rachel Wood, Gina Rodriguez, Richard Jenkins, Debra Winger, Mark Ivanir, Diana Maria Riva

Genre : Comédie dramatique, indie

Note : 7,5/10

Sortie DVD le 5 janvier 2021

La difficulté actuelle à remplir les salles de nouveaux films peut parfois conduire à des bonnes surprises. Ainsi ce Kajillionaire de l’auteure de Moi, toi et tous les autres bénéficie d’une distribution ciné honnête pour son gabarit après avoir fait le grand écart entre les festival de Sundance, de Cannes (quinzaine des réalisateurs) et l’Etrange Festival où il est ressorti haut la main Prix du public. Qu’on ne s’y trompe, c’est bien dans la case Sundance qu’on peut ranger le 3ème film de Miranda July, même s’il comporte une (petite) touche de folie. Old Dolio, jeune femme de 26 ans qui a grandi avec deux parents arnaqueurs. Ceux-ci l’utilisent encore comme un outil pour se faire des biftons sans lui prodiguer aucune affection. Mais un quatrième membre va hasardeusement rejoindre le groupe et changer la vie de Old Dolio.

Kajilionnaire est un peu l’initiation d’un animal appeuré au contact physique, une sorte d’approvisoinement progressif. Miranda July prend son temps avec ses acteurs, et il n’y a pas de quoi s’en plaindre. Richard Jenkins et Debra Winger forment un couple de parents veules à souhait et terriblement drôle. Evan Rachel Wood sort de l’icône de Westworld pour livrer un beau personnage perdu, rigide et mal fagoté. Puis Gina Rodriguez vient imposer sa touche dès son apparition, une forme de fraîcheur qui passe pour une véritable agression aux yeux de l’héroïne. Mais Kajillionaire n’est pas que drôle. C’est un film très pertinent sur le besoin d’affection des enfants et la carence que peut entraîner un mauvais comportement des parents, qui semble bénéficier d’un vrai travail de recherche sur le sujet, sans qu’il soit pour autant démonstratif. L’histoire du personnage joué par Evan Rachel Wood passe par ses gestes et ses attitudes. Posé, le film conserve le même ton doux amer, qu’il nous décrive l’irruption dans la maison d’un homme en train d’agoniser ou la soudaine prise de conscience de la vie après un tremblement de terre. La montée est progressive et le final est une belle récompense. Et pour ne rien gâcher, cette bande originale ponctuée de variations sur le Mr Lonely de Bobby Vinton est terriblement enveloppante.

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