Brain Dead

Belle autopsie pré-mortem de la démocratie des USA, dynamique et attachante, cette satire politico-SF rappelle à quel point le fantastique peut être au top de tous les genres quand il est bien utilisé.

Showrunners : Michelle & Robert King

Scénario : Michelle King, Robert King, Jonathan Tolins, Lawrence Kaplow, Jacquelyn Reingold, Peter Parnell, Aurin Squire, Laura Marks

Réalisation : Allan Arkush, Felix Enriquez Alcala, Brooke Kennedy, Robert King, Jim McKay, Frederick E.O. Toye, Ron Underwood

Directeur Photo : David Buckley

Bande Originale : David Buckley, Jonathan Coulton

Montage : Matthew Krekor, Erica Freed Marker, Anne McCabe

Chefs décorateur : Steven J.Jordan, Frank White III

Direction Artistique : Frank White III, Jonathan Arkin

Pays : USA

Durée : 13 x 44mn

Diffusée sur CBS à partir du 13 juin 2016, sur Série Club le 5 mars 2017. Disponible sur 6Play

Producteurs : Kristin Berstein, Tami d’Addio, Robyn-Alain Feldman, Liz Glotzer, Brooke Kennedy, Michelle & Robert King, Ridley Scott, Jordan Sheehan, Judy Smith, David W.Zucker, Lawrence Kaplow, Peter Parnell, Jacquelyn Reingold, Jonathan Tolins

Acteurs Principaux : Mary Elizabeth Winstead, Danny Pino, Nikki M.James, Johnny Ray Gill, Aaron Tveit, Zach Grenier, Tony Shalhoub, Jan Maxwell, Charlie Semine, Paige Patterson, Brooke Addams

Genre : Comédie, fantastique, politique-fiction, satire

Note : 8/10

L’approche des élections présidentielles américaines est le parfait moment pour (re)voir Brain Dead. Née de l’imagination des showrunners de The Good Wife, cette série qui n’a rien à voir avec le chef d’oeuvre de Peter Jackson a débarqué le temps de l’été 2016 et n’aura duré qu’une saison. Elle fut diffusée au coeur de la campagne, peu avant l’élection de Donald Trump qui allait être une douche froide incommensurable dans le camp démocrate. Et quoi de mieux que le fantastique pour tenter d’expliquer un dangereux malaise politique sans avoir l’air d’y toucher ? D’Invasion à L.A de John Carpenter à l’Invasion des profanateurs (l’original de Don Siegel et ses quatre remakes), les aliens ont toujours fait bon ménage avec la politique. Brain Dead peut rejoindre cette prestigieuse lignée avec d’autant plus de fierté qu’elle fait entrer ces aliens non pas dans notre quotidien, mais au coeur de Washington, là où se font et se défont toutes les décisions, au coeur de cette parodie de démocratie qui a mené les américains à commettre l’irréparable. Ils apparaissent sous la forme d’insectes qui s’introduisent chez les sénateurs et colonisent leur cerveau. Lorsque Red Wheatus, sénateur républicain, et Ella Polack, sénatrice démocrate, sont touchés, ce n’est que le début d’une invasion qui pousse chacun à refuser le compromis et à entretenir une guerre ouverte contre l’adversaire politique. Les plus réticents à la colonisation verront quand à eux, leur tête exploser ! Au coeur de l’arène, Laurel Healy, documentariste et soeur d’un sénateur démocrate, comprend que quelque chose se trame. Elle devra chercher l’aide de deux acolytes, les étonnants Gustav et Rochelle, et d’un allié improbable dans le camp opposé afin d’empêcher que le plan des insectes ne signe la fin de notre espèce

Tout métaphorique soit-elle, Brain Dead est d’abord une série à l’écriture savoureuse qui propose une satire directe des arcanes de Washington, quelque part entre Veep et House of Cards, sans se départir d’un point de vue extérieur. Les transmissions TV, mettant en scène Donald Trump ou d’autres protagonistes de la scène politique, ancre la fiction dans la réalité, rappelant DE temps à autre que qu’il n’y a que l’élement fantastique qui est réellement fictif. Mary Elizabeth Winstead – dans son meilleur rôle après la saison 3 de Fargo- est irrésistible en poisson hors de l’eau pas pour autant démunie puisqu’ayant grandi au coeur du parti démocrate. Autour d’elle naviguent des personnages très bien campés et loin d’être unidimensionnels. En les faisant s’affronter, les auteurs tentent de comprendre comment la contagion de la bêtise a pu désolidariser les américains de son bipartisme historique pour faire le nid d’un plus grand danger, et en cela ils ne dédouanent pas les démocrates, bien au contraire. L’histoire qui lie peu à peu Laurel et Gareth, une démocrate et un républicain, est symbolique de cette difficulté à composer les uns avec les autres, mais qui ne signifie pas pour autant que la cause est perdue. De la même façon, le frère de Laurel, Luke Healy, connaîtra une évolution particulièrement remarquable au fil des épisodes. La toile de fond est la comédie, volontairement grotesque jusqu’à choisir un morceau pop comme objet de ralliement des aliens (You Might Think des Cars), mais elle n’est jamais stupide. Tout est lié par une logique imparable, un plan qui se révèle sur la longueur, et qui est loin d’être l’unique intérêt de cet OVNI. On y décèlera un paquet d’originalités, dont la plus notable est l’idée de remplacer le previously habituel des débuts d’épisode par un morceau interprété par le chanteur Jonathan Coulter. Belle autopsie pré-mortem de la démocratie des USA, dynamique et attachante, cette satire politico-SF rappelle à quel point le fantastique peut être au top de tous les genres quand il est bien utilisé. Son seul défaut sera un final un peu décevant, puisque précipité. On aurait volontiers signé pour un nouveau round avec tous ces personnages, peut-être pour empêcher une catastrophe imminente en novembre prochain.

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