Industry – Saison 1

Très tiède dans sa représentation du milieu de la finance et dans la caractérisation de ses personnages, Industry emporte le morceau grâce à une belle brochette de jeunes acteurs anglais.

Créateurs/Showrunners : Mickey Down, Conrad Kay

Scénario : Mickey Fown, Konrad Kay, Sam H. Freeman, Kate Verghese

Réalisation : Lena Dunham, Tinge Krishnan, Ed Lilly, Mary Nighy

Directeur Photo : Milos Moore, Catherine Derry, Daniel Stafford- Clark

Montage : Peter Christelis, Dan Robinson, Christopher Watson, Sarah Louise Bates, Maya Maffioli

Bande Originale : Nathan Micay

Chef Décorateur : Steve Summersgill

Direction Artistique : Anthony Cartlidge, Tanya Miller, Tarnia Nicol

Pays : Royaume Uni, USA

Durée : 8 x 60mn

Diffusée sur HBO à partir du 10 novembre 2020 et sur OCS à partir du 11 novembre 2020

Production : Lee Thomas, Joel Collins, Lena Dunham, Lachlan McKinnon, Ryan Rasmussen, Mickey Down, Konrad Kay, Jane Tranter, Ben Irving, David P.Davis

Acteurs Principaux : Miha’la Herrold, Marisa Abela, David Jonsson, Harry Lawtey, Ken Leung, Freya Mavor, Connor MacNeill, Derek Riddell

Genre : Drama

Note : 7/10

Des jeunes diplômés intègrent la banque d’investissement Pierpoint, très renommée dans la City de Londres. A l’issue de cette année dans l’établissement, seulement la moitié d’entre eux pourront poursuivre leur carrière dans ses murs. Partant de ce pitch, les approches ne manquent pas et on pourrait raisonnablement penser qu’Industry va caler son pas sur Billions ou Devils qui attaquent à bâtons rompus ce milieu de requins. L’occasion est belle de pouvoir s’appuyer sur cinq jeunes anglais nés à l’aube de l’an 2000 pour mettre les pieds dans le plat. Industry emprunte une voie différente, plutôt tiède, ni dans l’arrogance totale, ni dans la condamnation totale. C’est cette semi-assimilation qui fait à la fois sa limite et son charme. Dès les premiers épisodes, l’identité de la série est bien définie et on comprend que les produits financiers, comme les relations avec les clients seront des prétextes à dévoiler le potentiel et la personnalité des nouveaux. La description du milieu est rudimentaire, inscrite dans une routine et un jargon qui s’intègre bien aux moments de décompressions, essentiellement des fêtes dans le cadre du travail ou dans le cercle plus restreint du groupe. Industry va développer cette routine sur toute cette première saison dans la veine d’autres séries de « bureau ». Sans rendre justice à la série, on pourrait la catégoriser comme un Grey’s Anatomy dans le milieu de la finance. Ce serait oublier son côté anglais, la filiation avec des séries comme Queer as folk ou Skins étant évidente de par dé-dramatisation et l’absence de complexe sur les questions liées au sexe et à la drogue.

Ce serait également occulter les non-dits et la froideur dans la description du milieu et des émotions des nouveaux. Dans Industry, tout est rentré et anti-spectaculaire. Le scénario donne peu d’occasion de vraiment saisir qui sont ces jeunes recrues, en dehors de ce qui les définit dans l’action, dans leur milieu social ou leur sexe. On comprend les conflits qui les minent, mais à part quelques indices dans des dialogues isolés, on peine à saisir quelle est vraiment leur position dans ce monde, pourquoi ils ont choisi la finance et quel est l’enjeu de leur réussite ou de leur échec. Cette distance fait partie intégrante du monde dans lequel ils évoluent, et elle pourrait s’interpréter comme du professionnalisme si elle n’était pas constamment balancée par des choix irrationnels, des instants présentant les pulsions et les contradictions des jeunôts comme s’ils n’étaient jamais vraiment en possession de leurs moyens. Dans ces moments, on revient sur du Grey’s Anatomy en version trash. La mayonnaise prend pourtant bien, à 75% grâce aux acteurs, une belle galerie de jeunes anglais prometteurs. Harper Stern (Miha’la Herrold), placée au premier plan, est certainement la plus gâtée sur le background. Elle a aussi le droit au meilleur épisode de la saison (l’épisode 4). Une journée marathon qui teste son endurance à l’épreuve alors qu’elle a tout à perdre, elle qui a dû mentir sur ses diplômes pour accéder à ce milieu. Harper entérine une relation de travail ambigüe avec son boss Eric Tao, campé par le très affable Ken Leung, qui en fera l’enjeu de la tension entre les sexes au bureau. Bien qu’ils soient moins gâtés, Marisa Abela, David Jonsson et Harry Lautey parviennent sans problème à capter le spectateur sur chacune de leurs scènes et on aimerait mieux les connaître. L’intérêt pour le dernier épisode, qui annonce la sélection à l’issue de l’année, ne serait pas si grand si ces quatre acteurs n’avaient pas aussi bien occupé la place.

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