Aya et la Sorcière – アーヤと魔女 – Earwig the Witch

Réalisation : Gorō Miyazaki

Scénario : Keiko Niwa, Emi Gunji, Hayao Miyazaki d’après le roman de Diana Wynne Jones

Bande Originale : Satoshi Takebe

Animation : Katsuya Kondo, Yukinori Nakamura, Miho Satake, Howard Shih, Seri Tan

Effets Visuels : Jacys Cheng-Yu Lin

Production : Koji Hoshino, Kentaro Morishita, Kiyofumi Nakajima, Toshio Suzuki, Keisuke Tsuchihashi, Isao Yushikuni, Studio Ghibli

Pays : Japon

Durée : 1h22

Sélection Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2021

Voix originales : Taylor Paige Henderson, Vanessa Marshall, Richard E.Grant, Dan Stevens

Voix françaises: Erina Solomon, Sylvia Bergé, Thierry Hancisse

Genre : Animation, Fantastique

Note : 7/10

Alors que la (nouvelle) dernière oeuvre d’Hayao Miyazaki « Comment vivez-vous? » ne risque pas de sortir avant 2024, Ghibli met sur le devant de la scène un téléfilm réalisé en 3D. Diffusé sur la chaîne NHK en fin d’année 2020, Aya et la sorcière est distribué dans l’hexagone par Wild Bunch et sa sortie cinéma prévue en février 2021 est évidemment repoussée aux calendes de ré-ouverture des spectacles culturels. Comble de l’ironie, nous le verrons d’abord sur nos téléviseurs, comme nos amis japonais, grâce à sa programmation au 28ème Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.

Ceux qui ont bondi devant le mot « 3D » ressentent visiblement la même hantise que l’auteur de ces lignes, pour qui les films d’animation Ghibli représentaient le dernier bastion de défense de l’animation 2D et du crayonné. Il n’était pas utile de se mettre à tout prix à singer les productions PIXAR et consorts vingt ans après la bataille alors même que les studios de Miyazaki et Takahata connaissaient une gloire mondiale tardive à la même époque sans avoir sacrifié aux nouvelles technologies d’animation. Les japonais ont néanmoins prouvé récemment que le passage à la 3D pouvait être réussi avec l’aventureux Lupin III. Alors, ne faisons pas trop les bougons avant d’avoir vu.

C’est Goro Miyazaki (Les contes de Terremer, La colline aux Coquelicots) qui se colle à cette petite révolution, et l’oeuvre en question est une adaptation de « Earwig and the Witch » de l’anglaise Dianne Wynne Jones, ouvrage plutôt connu de la littérature enfantine. Fille de sorcière, Aya a été placée à l’orphelinat. La fillette de dix ans ne souhaite pas quitter ces lieux qu’elle peut plier à son bon vouloir, ni son jeune ami/ faire-valoir Custard. Bientôt adoptée par la stricte Bella Yaga et le mystérieux Mandrake, Aya doit se faire malgré elle à son nouvel environnement et aider à préparer les repas de Mandrake. Elle découvre bientôt que ses nouveaux hôtes sont des sorciers et qu’ils connaissaient très bien sa mère. Le déroulement de ce film d’animation japonais so british est très classique, voire routinier. Une routine qui n’est brisé que par l’espièglerie de la gamine, le mystère qui entoure le charismatique et coléreux Mandrake et une poignée de flashbacks rock’n roll bourrés d’énergie, assurément un bon ajout au capital Ghibli. Ces trois éléments rendent Aya et la Sorcière très attachant, drôle et facile d’accès. Mais ce nouveau Ghibli souffre beaucoup de son incapacité à aller au-delà de l’anecdotique. Sa simplicité ne dissimule rien de plus que l’Histoire d’une enfant manipulatrice dont le but est de retrouver le contrôle des choses. Son pitch pourrait être celui d’une série tévé de luxe à destination des plus jeunes. Une impression d’autant plus forte que le film ne possède pas de conclusion, seulement un cliffhanger brutal qui en laissera plus d’un sans voix.

Mais Aya a t’elle réussi ce passage à la 3D? Le résultat est visiblement en deçà de ce qu’on peut s’attendre à trouver sur un long-métrage d’animation en 2020, en particulier sur le rendu des textures, visiblement lissées sans que cela paraisse être une direction artistique assumée. On ne peut pas blâmer Goro Miyazaki de ne pas parvenir à faire du PIXAR car personne ne le peut et il a fallu vingt cinq ans à PIXAR pour arriver au rendu de Soul. Par contre, il est moins défendable que Aya soit moins finalisé qu’un Lupin III the Third, compte tenu des moyens et du standard de qualité de Ghibli. Il y’a ça et là de bons présages sur la capacité d’évolution rapide de cette technique par le studio de Miyazaki, ne serait-ce qu’en regardant les rendus des expressions et comment la gamine du titre parvient à prendre vie. Même avec ces scories et son allure de série tévé, l’espièglerie d’Aya vole la vedette à la quasi totalité de la programmation de ce festival de Gérardmer. L’honneur est donc à peu près sauve.

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