La loi de Teheran – متری شیش و نیم;

Réalisation : Saeed Roustaee

Scénario : Saeed Roustaee

Directeur de la Photographie : Hooman Behmanesh

Montage : Bahram Dehghani

Musique : Payman Yazdanian

Production : Seyed Jamal Sadatian & Mohammad Sadegh Ranjkeshan

Pays : Iran

Durée : 2h14

Sélection Reims Polar 2021

Acteurs Principaux : Payman Maadi, Navid Mohammadzadeh, Hooman Kiaie, Parinaz Izadyar, Farhad Aslani

Genre : Polar Urbain

Note : 5/10

Méfiez vous des accroches sur les affiches, et même si on invoque le grand créateur du polar réaliste, William Friedkin en personne. Mis à part son sujet – une enquête pour boucler de gros trafiquants de drogue – la loi de Teheran n’a pas grand chose à voir avec French Connection. Il n’en a ni l’ampleur internationale, ni l’immersion, et il a des visées beaucoup plus sociales que le chef d’oeuvre de William Friedkin. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives qui n’aurait pas dépareillé dans la brigade de choc de Vic MacKay, met enfin la main sur Nasser K., le parrain des trafiques de drogues locaux. La confrontation avec le cerveau du réseau va prendre des ramifications qui échappent à tous, alors que le chaos semé par la drogue sort des rues pour gangréner les prisons.

Les intentions du film de Saeed Roustaee sont bonnes. La présentation du film rappelle qu’ « En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30 g ou 50 kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et les ventes ont explosé. Ainsi, 6,5 millions de personnes ont plongé. ». L’effet pervers de ce cadre législatif est la véritable toile de fond de son film. On y voit en permanence le chaos de cellules dans lesquels s’entassent des dizaines de junkies au crack, dans des conditions où la dignité a totalement disparu. La loi de Teheran dénonce un système judiciaire et pénitentiaire sous l’eau qui laisse les plus désoeuvrés livrés à eux-mêmes et qui utilise la peine de mort comme porte de sortie pour ses lacunes. Le film est construit principalement sur deux points de vue, les personnages annexes n’ayant que peu d’intérêt. Les scènes du point de vue de Nasser au sein de ces géoles sont plus intéressantes que celles du flic de terrain stéréotypé joué par Payman Maadi (vu dans 13 hours et 6 underground de Michael Bay). Mais il est difficile, malgré tout, de se raccrocher à ces scènes, tant le côté bavard et explicatif du film sort de l’émotion exprimée par l’acteur. Le film de Saeed Roustaee montre tout ce qu’il y’a à montrer et il est souvent bien trop ambitieux pour ses moyens. Il y’a sans cesse un décalage entre le fond (ce que l’on voit à l’écran) et la réalisation. Lente et routinière, traînant une photographie terne, celle-ci se rapprocherait plus d’un long épisode de Plus belle la vie que de la méthode Friedkin. L’effort à produire pour se raccrocher à des éléments signifiants incombe à cette réalisation plate, ce qui est bien dommage avec un sujet pareil. Un documentaire sur le sujet serait probablement bien plus intéressant, si jamais il a la possibilité de voir le jour.

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