Nomadland

Réalisation : Chloé Zhao

Scénario : Chloé Zhao, d’après le roman de Jessica Bruder

Directeur Photo : Joshua James Richards

Montage : Chloé Zhao

Musique : Ludovico Einaudi

Direction Artistique : Elizabeth Godar, Tom Obed

Chef Décorateur : Joshua James Richards

Production : Frances McDormand, Peter Spears, Mollye Asher, Dan Janvey, Chloé Zhao, Geoff Linville, Emily Jade Foley

Pays : USA

Durée : 1h48

Acteurs Principaux : Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest, Linda May, Charlene Swankie, Patricia Grier

Genre : Road-Movie, Drame social

Note : 7/10

Sortie en salles le 9 juin 2021

En 2011, Fern a perdu l’emploi qu’elle occupait dans l’usine américaine de plâtres où elle travaillait, à Empire, Nevada. L’usine a disparu, tout comme son mari quelques années auparavant. Fern a décidé de vendre la plupart de ses biens et d’acheter une camionnette pour vivre et parcourir le pays à la recherche d’un emploi. Une vie de nomade qu’elle partage avec de nombreuses victimes de la crise aux Etats-Unis, solidaires et fiers de subsister en marge des modes de vie classiques. Difficile de faire plus américain que ce Nomadland, de par le sentiment de liberté qu’il exalte et le parfum de road-movie qui l’enveloppe. Languissant, il suit le cours de la route et des rencontres de Fern sans véritable trame. Frances McDormand y’est splendide de naturelle, comme à son habitude. Ce film lui a apporté son troisième Oscar, la faisant talonner le record des 4 oscars de Katherine Hepburn. Mais on ne peut concevoir après une heure de film que la statuette ait pu être attribué à quelqu’un d’autre. S’il y’a un Oscar de mérité dans la fournée, c’est bien le sien.

Ce ne sont pas les paysages américains qui sont les véritables vedettes de ce road-movie. Il se risque à prendre son temps, pas forcément pour immortaliser les grandes étendues bordant les routes américaines, même si nous aurons quelques scènes bucoliques. Il le fait pour capter la mélancolie ou la joie de cette nomade des temps modernes et de ceux qu’elle croise, pour décrire les liens qui se tissent entre eux, attraper des moments comme s’ils n’avaient pas été mis en scène, qui posent ces femmes et ces hommes comme de véritables acteurs de leur vie, et non comme des victimes du système. Et au jeu de captation de la vie des laissés pour compte de l’Amérique, la réalisatrice Chloe Zhao a déjà de la bouteille. Il y’a cinq ans, elle suivait un Sioux dans une réserve indienne du Dakota. La voilà oscarisée et débauchée par Marvel (Eternals, sortie prévue en 2020). Un parcours trop rapide, mais de plus en plus classique au sein d’Hollywood, qui tend à empêcher les talents émergents de prendre leur temps pour mûrir et s’épanouir avant de franchir le pas du blockbuster. Nomadland est un film très sympathique, qui sait toucher et qui réussit à transmettre une réalité, mais ce n’est pas un chef d’oeuvre dans son genre. On sent que Chloe Zhao est capable d’encore mieux.

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