The Amusement Park

Réalisation : George A. Romero

Scénario : Wally Cook

Directeur de la Photographie : S.William Hinzman

Montage : Georges A. Romero

Musique : Phil Mahoney

Ingénieur du Son : Michael Gornick

Production : Richard P.Rubinstein

Pays : USA

Durée : 53 mn

Sortie en salles le 2 juin 2021

Acteurs Principaux : Lincoln Maazel, Harry Albacker, Phyllis Casterwiler

Genre : Fantastique, Horreur

Note : 6,5/10

Dans la grille de ré-ouverture du cinéma Le Grand Action se trouve une sympathique curiosité, un moyen-métrage perdu de Georges R. Romero datant des 70’s qui a refait surface peu après le décès du réalisateur. Cinq ans après le succès de la Nuit des Morts-Vivants, Georges Romero était aussi célèbre que fauché, la faute à un distributeur peu scrupuleux. Pour renflouer ses finances, il accepte donc des commandes, parmi lesquels ce petit film financé par une association religieuse luthérienne de Pittsburgh sur le problème de la maltraitance envers les personnes âgées aux États-Unis. Le commanditaire lui alloua des figurants parmi ses fidèles et un petit budget en échange d’une liberté de ton : Le but était de choquer pour faire réagir, mais avec une conclusion positive. Désespéré et radical, The Amusement Park les fit prendre peur et ils n’osèrent pas le diffuser. Il tomba dans l’oubli, même des plus érudits, jusqu’à ce que la veuve du réalisateur, Suzanne Desrocher-Romero, le retrouve en 2018, un an après la mort de son mari. Le film passe alors en séance spéciale aux Etats-Unis, puis le distributeur français Potemkine s’en empare pour le diffuser dans quelques festivals (dont le Festival Lumière en 2020), jusqu’à cette sortie symbolique en salle.

The Amusement Park raconte le calvaire d’un vieillard qui passe un après-midi dans une fête foraine contre l’avis d’un des siens. Il y est battu et humilié, bien obligé d’admettre qu’il n’a plus sa place dans ce monde. Ce parc d’attractions est une représentation de la société américaine (et plus largement occidentale), rapide, turbulente, individualiste, qui considère que les personnes affaiblies n’ont pas leur place. L’exclusion est non seulement psychologique – le vieil homme doit faire face à une agressivité et un rejet constants -mais aussi physique. Elle est profondément ancrée dans les personnes que le vieil homme croisera, qui transforment souvent leur propre peur de la vieillesse en une forme de violence active, voire d’indifférence affichée. Romero a la bonne idée de construire son moyen-métrage comme une boucle qui démarre et termine à la façon d’un épisode de la Quatrième Dimension, devenant entre temps une plongée aux enfers au milieu de ce qui semblait être un paradis. Le travail sur le son et le montage contribuent à créer un malaise bien spécifique. Lincoln Haazel, qui sera l’oncle dans le film suivant de Romero, Martin, attire dès le départ une certaine empathie. On ressent vivement les agressions qu’il subit et sa mue progressive -et attendue- en un vieil homme brisé est bien menée. Le film n’offrira pas de grands développements, mais Romero est déjà à son aise dans la métaphore sociétale. Le miroir qu’il tend au spectateur, qui vieillira comme tout un chacun, est au diapason des messages sociaux qu’il adressera sur une grande partie de ses films à venir, et pas seulement sur la partie zombie.

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