Berlin Alexanderplatz

Réalisation : Burhan Qurbani

Scénario : Martin Behnke & Burhan Qurbani, d’après le roman éponyme de Alfred Döblin

Directeur de la Photographie : Yoshi Heimrath

Montage : Philipp Thomas

Musique : Dascha Dauenhauer

Cheffe Décoratrice : Silke Buhr

Production : Leif Alexis, Jochen Laube & Fabian Maubach

Pays : Allemagne

Durée : 3h05

Sélection Reims Polar 2021. Sortie en salles le 11 août 2021

Acteurs Principaux : Welket Bungué, Jella Haase, Albrecht Schuch, Joachim Król, Annabelle Mandeng

Genre : Drame

Note : 5,5/10

Berlin Alexanderplatz est à l’origine un classique de la littérature allemande, à peu près l’équivalent germanique du Ulysse de James Joyce. Ecrit par Alfred Döblin en 1929, il conte les malheurs de Franz, un ancien souteneur qui s’est promis d’être un honnête homme à sa sortie de prison, mais qui ne peut s’empêcher de céder à ses mauvais penchants dans les bas-fonds de Berlin, ce qui ne lui vaut que des malheurs. L’ouvrage inspira Rainer Wainer Fassbinder, qui en fit une adaptation en série au début des années 80.

C’est maintenant le réalisateur Burhan Qurbani qui en tire une version modernisée, qui se veut, comme le livre dont il s’inspire, en phase avec les préoccupations sociales du moment. Franz y’est devenu Francis, réfugié clandestin au passé criminel originaire de Guinée-Bissau qui a échoué par miracle en Europe, puis en Allemagne. Sans papiers et sans permis de travail, il entre dans un réseau qui exploite les réfugiés. Lorsque l’extravagant Reinhold lui fait la proposition alléchante de gagner de l’argent facile avec des deals, Francis résiste à la tentation…pour un temps. Il s’en tient à son serment d’être un homme bon. Mais il sera très vite happé par les bas-fonds de Berlin et finira par céder à ses mauvais penchants, poussé par ce diable sur son épaule.

Avec cette adaptation, Qurbani livre un film de 3h qui paraît bien long, alors même qu’il sacrifie volontairement les quatre premiers livres du roman (R.W Fassbinder en avait fait une série de treize épisodes). Elle est fidèle, mais elle peine à trouver un souffle à notre époque. La description du Berlin des laissés pour compte y’est presque inexistante, cantonnée à des lieux très identifiables qui reviennent d’une partie à l’autre. Les personnages y semblent comme isolés du monde, dans un univers en dehors du temps. Pour combler la pauvreté du contexte, le réalisateur insiste lourdement sur la portée tragique de la destinée de Francis, martelée par la voix off d’un autre personnage, tandis qu’un mur de fumée symbolique enveloppe le passé trouble de l’anti-héros. Sans plus d’élément pour le caractériser, il devient difficile de ressentir de l’empathie, et ce même en se raccrochant à des personnages secondaires qui prennent fait et cause pour lui. La relation d’amitié masochiste entre le manipulateur Reinhold et Francis, fil rouge de l’histoire, permet Albrecht Schuh de faire vivre le seul personnage qui apporte un peu de fantaisie à l’histoire. L’ensemble laisse une impression d’anecdotique, pas forcément mauvaise, mais bien loin de l’effet recherché.

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