Mad God

Réalisation : Phil Tippett

Scénario : Phil Tippett

Directeurs de la Photographie : Chris Morley, Phil Tippett

Montage : Ken Rogerson, Michael Cavanaugh

Musique : Dan Wool

Production : Phil Tippett, Jack Morrissey, Sanjay Das, Colin Geddes, Katarina Gligorijevic, Gary Mundell, Jules Roman, Joshua Sobel

Pays : USA

Durée : 1h23

Sélection Etrange Festival 2021

Acteurs Principaux : Alex Cox, Niketa Roman, Satish Ratakonda, Harper Taylor, Brynn Taylor

Genre : Horreur, Animation, Expérimental

Note : Comment je peux donner une note à ça ?

Arrivé à ILM en 1975, Phil Tippett eut la chance de pouvoir rejoindre dès le départ l’aventure Star Wars. Il fut le superviseur des effets visuels du Piranhas de Joe Dante, d’Indiana Jones et le temple Maudit, de Willow et des trois Robocop. En 1991, il sent le vent tourner et recentre les activités de Tippett studios sur effets spéciaux en image de synthèse, participant au bond en avant que sera Jurassic Park , aux horreurs de Klendathu (Starship Troopers) pour Paul Verhoeven ou au premier Hellboy de Guillermo Del Toro. Phil Tippett a toujours voué un culte à Ray Harryhausen, le père de l’animation image par image, probablement un des plus beaux arts dérivés du cinéma, et on peut se douter que cette voie moins artisanale du CGI n’a pas été prise de gaieté de coeur. Durant près de 40 ans, Tippett Studios a apporté sa touche à nombre de visions, mais son fondateur n’a réalisé aucun film, à l’exception de la commande que fut Starship Troopers 2. Il a par contre mûri depuis 30 ans son propre projet : Mad God. Devant voir le jour au début des années 90, Mad God fut remisé aux oubliettes à l’époque du boom du CGI, puis il se mua en long-métrage à mesure des campagnes de financement. Il est présenté enfin fini en compétition de cet Etrange Festival 2021.

Ce projet monumental, qui a une valeur particulière pour son auteur et qui bénéficie des échos de sympathie de tous ceux qui ont suivi sa carrière, pouvait se présenter comme un melting-pot foutraque de différentes techniques ayant accompagné ses trente ans de conception, dont les parties les plus anciennes seraient instantanément visibles. Il est pourtant visuellement cohérent sur toutes ses parties, usant principalement de l’image par image, qu’il mélange à l’occasion à de l’image de synthèse. C’est sa narration qui en fait un film imprévisible et expérimental. Mad God raconte l’exploration d’un personnage énigmatique dans un monde d’horreurs, une sorte de micro-société de la souffrance. Nous suivons sa progression dans cet univers en découvrant les rouages de ce monde et les monstres qui le composent. Cette symphonie de l’horrible, tantôt grand guignol et tantôt sinistre, mais jamais romantico-gothique, ne sera certainement pas au programme du Noël de Disney + – et même de son Halloween – et il ne vaudra mieux pas tenter de le faire visionner à un enfant pour voir ce qu’il se passe (l’esprit de Tippett est clairement dérangé). L’auteur de ces lignes n’en a pas compris grand chose, mais il a été étrangement happé, séduit par l’inventivité de chaque minute ou tout simplement pris au piège. Selon l’appréhension de chacun, Mad God sera l’oeuvre d’un mauvais génie ou un trip autiste dégueulasse et chiant qui a osé emprunter le monolithe de 2001, l’odyssée de l’espace. Il est incontestablement à sa place à l’Etrange Festival, et il mériterait son Grand Prix, à défaut de trouver un jour un distributeur.

Mad God a obtenu le prix du public de l’Etrange Festival 2021

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