Troisième Planète après le Soleil – 3rd Rock From the Sun

Créateurs / Showrunners : Bonnie & Terry Turner

Scénaristes : Bonnie Turner, Terry Turner, Christine Zander, Bob Kushell, Bill Martin, Mike Schiff, David Goetsch, Jason Venokur, David Sachs, David Israel, Jim O’Dougherty, Michael Gloubermann, Andrew Orenstein, Greg Mettler

Réalisation : Terry Hugues, Robert Berlinger, James Burrows

Directeurs de la Photographie : Ronald W. Browne, Mark Reshovsky, Ken Lamkin

Montage : Vince Humphrey, Greg Wong, Tim Ryder

Musique : Jeff Sudakin, Ben Vaughn

Chef Décorateur : Garvin Eddy

Production : Marcy Carsey, Patrick Kienlen, Caryn Mandabach, Bonnie Turner, Terry Turner, Christine Zander, Bob Kushell, Bill Martin, Mike Schiff, David Sacks (…)

Pays : USA

Durée : 139 x 25 mn (6 saisons)

Diffusée du 9 janvier 1996 au 22 mai 2001 sur NBC. En France, 1ère saison sur M6 à partir du 5 août 1996, puis sur Série Club (saisons 2 à 6) à partir de 2002

Acteurs Principaux : John Lithgow, Kristen Johnston, French Stewart, Joseph Gordon-Levitt, Jane Curtin, Simbi Khali, Elmarie Wendell, Wayne Knight, David DeLuise, Ian Lithgow, Danielle Nicolet, Chris Hogan, Shay Astar, Larisa Oleynik, Ron West, Ileen Getz, Jan Hooks, William Shatner, John Cleese

Genre : Sitcom, S-F

Note : 8,5/10

En faisant entrer E.T dans un foyer américain, Steven Spielberg a décomplexé les extraterrestres, qui passèrent une grande partie des années 80 à s’inviter sur Terre pour des durées plus ou moins longues (J’ai épousé une extraterrestre, Loin de ce Monde, Alf…). Dans les années 90, la mode se tarit quelque peu, mais Troisième Planète après le Soleil est une héritière directe de ces comédies. Elle en a conservé le côté feel good, mais 90’s oblige, elle arbore un ton plus rentre-dedans et caustique. Pour mieux en comprendre l’esprit, il faut reprendre son titre américain Third Rock From the Sun – jeu de mot sur la planète Terre et l’esprit rock’n roll de la série. Le générique et les transitions ponctuant chaque scène reprennent l’idée de planètes et d’étoiles qui sortent de leur orbite, qui grossissent ou qui viennent s’entrechoquer. Ce vent de folie dans la tranquillité de l’espace est le résultat de l’installation de quatre extraterrestres en mission d’infiltration dans la petite ville de Rutherford, dans l’Ohio. Ils prennent l’identité d’une famille, les Solomon, et ils changeront la vie de ceux qui les côtoieront. C’est un vent de folie qui s’abat aussi sur ces aliens venus d’un monde très avancé technologiquement. Difficile de se retrouver dans ces costumes d’humain, à supporter toute cette chimie et à être submergés par ces sentiments que leur espèce n’a jamais connus. La série joue sur leur maladresse, leur exhubérance, leur comportement jamais approprié, mais en filigrane, elle renvoie à nos étranges coutumes terriennes et à tout ce qui ne fait pas sens et n’a aucune logique, et donc se trouve être parfaitement incompréhensible à des aliens. Et lorsque ces aliens sont campés par un quatuor d’acteurs on fire, nés pour leur rôle respectif, le séjour promet d’être tout sauf barbant.

Le Grand Commandant de la mission est Dick Solomon. Un alien très responsable, mais à l’égo surdimensionné. Il occupe aussi le rôle de chef de famille et un poste de professeur de physique à l’université de Rutherford, où il semble toujours enseigner à la même classe (c’est un très mauvais professeur). Dès ses premiers jours sur Terre, il tombe amoureux de Mary Albright (Jane Curtin, ancienne du Saturday Night Live), la professeure d’ethnologie dont il partage le bureau. Durant les six ans de la série, leur relation passera par tous les états. Derrière Dick Solomon se cache John Lithgow, acteur rendu célèbre par Brian De Palma qui exploita son côté inquiétant dans Blow Out ou l’Esprit de Cain, mais aussi pour avoir incarné le Trinity Killer dans la saison 4 de Dexter. Dick Solomon n’est que l’autre face (plus sympathique) du charisme étrange dégagé par l’acteur. Véritable bombe d’energie sur pattes, il domine chacune de ses scènes et il s’approprie une série de gimmicks qui donneront une saveur particulière à la série. Mais s’il n’y avait que le Dick Solomon Show, la série tournerait très vite sur elle-même. Le tirage au sort a désigné le lieutenant chargé de sécurité de l’opération, un militaire dur de chez dur, pour entrer dans la peau de la femme du groupe : Ménage et tenue du foyer, sautes d’humeurs et étrange goût pour les hommes. Tel est désormais le quotidien de Sally, qui semble vite prendre autant à coeur son nouveau rôle de femme qu’à sa mission, bien qu’elle paraisse pour ceux qui la croisent étonamment masculine. Le physique impressionnant de Kristen Stewart et son jeu très militaire font des merveilles, et on ne peut que fondre devant sa relation particulière avec l’officier Don Orville, l’élu de son coeur. Sally n’est pas la seule à s’être vu attribuer une enveloppe aux antipodes de ce qu’elle est. L’officier d’information – un homme âgé, le plus expérimenté de la mission – est devenu l’adolescent du groupe, fils de Dick pour les habitants de Rutherford. Pour l’incarner, il fallait un gamin d’un grande maturité capable d’être crédible en adulte sage et intelligent perturbé par ses poussées d’hormone. C’est Joseph Gordon-Levitt qui incarna Tommy Solomon durant 5 ans et demie, entre 15 et 20 ans, juste avant de rejoindre le Mysterious Skin de Gregg Araki et une destinée Hollywoodienne plutôt heureuse. Le quatrième larron du groupe est Harry Solomon, qui a la particularité d’être…Harry (on ne saurait expliquer Harry). Officier de liaison d’un genre très particulier, il traîne un décalage typiquement alien dans toute ses attitudes, et c’était probablement son premier trait de caractère sur sa planète. L’acteur French Stewart apporte cette dernière touche qui rend ces quatre aliens aussi complémentaires. Si une bonne sitcom se reconnaît à l’alchimie particulière de ses premiers rôles (on ne peut en retirer aucun de l’équation), elle n’emporte le morceau que lorsque les seconds rôles sont au diapason. Mary Albright, Don, Nina, la propriétaire Dubcek et sa fille, les élèves de Dick (parmi lesquels figure le lunaire Leon, incarné par Ian Lithgow, le fils de John), Vincent Strudwick, Judith et bien d’autres ponctuent les aventures du quatuor avec panache. William Shatner héritera lui-même d’un second rôle savoureux et déjanté très important dans le déroulement de l’intrigue.

Mais que reste t’il des Solomon vingt ans après leur départ de notre planète ? On pourrait leur dire qu’ils ont eu le nez creux de prendre la poudre d’escampette quelques mois avant le 11 septembre. Troisième Planète après le Soleil a cette liberté de ton non professorale typique des séries nées avant 2001. On peut toujours y détecter un sous-texte sans que celui-ci ne soit envahissant. La série dégage même une certaine bienveillance envers les travers humains et l’absurdité de l’existence. Mais c’est surtout la qualité de ses dialogues et le timing comique de ses interprètes qui font qu’il n’y a aucun mal à replonger dans n’importe lequel de ses épisodes. Les six saisons sont -il faut le signaler- de qualité égale. La série de Bonny et Terry Turner (également showrunners de That 70’s show) était déjà un OVNI dans les 90’s, et elle continue de l’être en 2021 – même si ses rires enregistrés permettent de la dater – vous ne la trouverez donc pas démodée. Ces derniers six mois passés à Rutherford n’ont fait regretter qu’une chose : qu’elle n’ait jamais percé en France (trop américaine?), au point que nous n’avons aucune édition DVD/BluRay à proposer, et aucune plateforme à remercier pour avoir mis cette petite perle en valeur. Tout au plus pourra t’on se rabattre sur l’intégrale américaine – zone 1 – sortie en 2013.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :