Succession – saisons 1 & 2

Créateur / Showrunner : Jesse Armstrong

Scénario : Jesse Armstrong, Susan Soon He Stanton, Alice Birtch, John Brown, Jonathan Glatzer, Georgia Pritchett, Tony Roche, Anna Jordan, Lucy Prebble, Mary Laws, Will Tracy

Réalisation : Adam McKay, Mark Mylod, Andrij Parekh, Adam Arkin, Miguel Arteta, S.J Clarkson, Shari Springer Berman, Kevin Bray, Becky Martin, Robert Pulcini, Matt Shakman

Directeur Photo : Patrick Capone, Christopher Norr, Andrij Parekh

Montage : Ken Eluto, William Henry, Anne McCabe, Jane Rizzo, Joe Giganti, Mark Yoshikawa, Suzy Elmiger, Ellen Tam

Bande Originale : Nicolas Britell

Chef Décorateur : Stephen H. Carter

Direction Artistique : Kim Jennings, Carmen Cardenas, Andrew Bennett, Mark Harris, Deborah Jensen, Martin Kelly

Pays : USA

Durée : 20 x 60 mn

Diffusé sur HBO depuis le 4 juin 2018 et en H+24 sur OCS, saisons 1 & 2 disponibles sur OCS

Saison 3 sur OCS dès le 18 octobre 2021

Production : Jesse Armstrong, Ilene S. Landress, Will Ferrell, Adam McKay, Kevin J.Messick, Frank Rich, Jane Tranter, Mark Mylod, Tony Roche

Acteurs Principaux : Brian Cox, Jeremy Strong, Sarah Snook, Kieran Culkin, Alan Ruck, Matthew Macfadyen, Nicholas Braun, Hiam Abbass, Peter Friedman, J. Smith-Cameron, Justine Lupe, Arian Moayed, James Cromwell, Holly Hunter, David Rasche, Natalie Gold, Danny Huston, Fisher Stevens, Eric Bogosian, Caitlin Fitzgerald, Rob Yang, Dagmara Dominczyk, Juliana Canfield

Genre : Drama familial

Note : 8,5/10

Succession conte l’histoire de la famille Roy, dont le patriarche Logan (Brian Cox) règne en maître sur Waystar Royco, l’empire médiatique qu’il a fondé. Mais cette histoire démarre à un point crucial de l’avenir du conglomérat. Logan vieillit et l’heure de la succession est imminente. Qui de ses quatre enfants saura empocher le pactole? Le bon fils Kendall (Jeremy Strong) qui a fait son chemin près des sphères de la direction, le fantasque Roman (Kieran Culkin), le très peu impliqué Connor (Alan Ruck), ou la prometteuse Shiv (Sarah Snook) qui semble plus intéressée par la politique ? Le créateur Jesse Armstrong ne dissimule pas s’être inspiré du magnat Rupert Murdoch, sur qui il avait écrit un scénario qui n’a pas abouti. Mais la famille Roy est un peu un condensé des grandes familles qui ont traversé l’histoire des medias americains. La série a rafflé 7 Emmy Awards en 2020 (sur un nombre encore plus impressionnant de nominations), dont celui de la meilleure série dramatique, titre également remporté la même année aux Golden Globes. Il y’a de quoi susciter la curiosité, même si l’idée de départ a tout pour nous embarquer dans un prime time soap opera dans le style de Dallas ou Dynastie. Une curiosité encore accrue par la présence au générique du réalisateur Adam McKay (The Big Short, Vice) sur le pilote de la série et à travers sa société Gary Sanchez Productions.

Il suffit de lancer le générique pour pénétrer dans un autre monde. Nicholas Britell a composé un thème qui accroche aussitôt, à la croisée du passé et de la modernité, de la gravité et de la flamboyance, qui promet du grand dès les premières secondes. Ce thème se marie parfaitement avec les images et le montage du générique. Britell avait déjà fait du beau travail sur The Big Short et Vice, mais on peut dire ici que sa bande son hante chaque épisode de la série. S’il y’a beaucoup de séries qui ne tiennent pas les promesses de leur entrée en matière, Succession valide une à une toutes ces impressions. Jesse Armstrong a pris le parti de dé-glamoriser au maximum la famille Roy. Nous sommes bien face à un requin et à des enfants gâtés, ainsi qu’une cour qui entoure Logan Roy de ses faveurs. Tous ces personnages n’ont globalement pas de face, servent leur propre intérêt et ne perdent même plus de temps à dissimuler leur cynisme ou leur lâcheté face à un monde qu’ils dominent. Il ne faudra donc pas chercher parmi les premiers rôles la bouée de sauvetage de l’identification, ni une quelconque morale. Le référent désigné du spectateur, nouvellement intégré à la famille, se révèle être un condensé de stupidité et d’arrivisme. Tout au plus Kendall Roy parviendra à susciter un peu de sympathie, étant le plus torturé et le plus attachant du groupe.

Pour autant, chaque épisode de succession est passionnant, et ce même s’il reproduit souvent le même schéma : Une réunion familiale au coeur d’une crise. L’écriture est clairement en cause, savant mélange de réalisme cru et d’humour un peu tordu. Un humour qui ne se déclare jamais comme tel, mais qui vient de l’absurdité des comportements et des situations. Adam McKay, qui a donné le « la » en réalisant le pilote n’y est probablement pas non plus pour rien. Comme dans The Big Short, le décalage naît de la décomplexion, du naturel avec lequel chacun a adopté les codes. C’est un univers de gamins inconscients qui possèdent le monde, mais un univers malheureusement crédible. La réalisation se contente de capter (faussement) au vif pour accentuer cet effet de réalité des relations. Mais il y’a aussi derrière pas mal d’improvisation du casting, chose que McKay connaît bien, lui qui a porté des trublions comme Will Ferell et John C. Reilly. Chaque membre du casting a composé un personnage qui apporte quelque chose de savoureux à la série, dans une interprétation qui n’apparaît jamais factice. Lorsque Matthew MacFadyen surjoue le faux hypocrite un peu lourd (le total inverse de son personnage de la série « Ripper Street »), il ne présente rien de plus qu’une pièce rapportée qui reproduit des règles qu’il ne maîtrise pas, ce qui le rend d’autant plus ridicule. Mais si chaque personnage a son attrait, c’est bien Brian Cox qui dévore le plus l’écran (juste en étant là) et Jeremy Strong qui fait figure de révélation, du moins sur la première saison, plus grave et dense psychologiquement. La seconde, toute aussi riche en qualités mais plus grotesque, donne la part belle à sa soeur Shiv Roy, la talentueuse Sarah Snook qui avait déjà démontré ses talents protéiformes sur le film de SF Prédestination, aux côtés d’Ethan Hawke. Succession est une belle réussite qui mérite ses récompenses, et sa saison 3, repoussée pour cause de COVID, sera guettée avec impatience.

Bande Annonce saison 3

Diffusion de la saison 3 de Succession aux US sur HBO et en France sur OCS depuis le 18 octobre (9 épisodes)

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