The French Dispatch

Réalisation : Wes Anderson

Scénario : Wes Anderson, sur une idée de Roman Coppola, Hugo Guiness, Jason Schwartzman et Wes Anderson

Directeur de la Photographie : Robert D.Yeoman

Montage : Andrew Weisblum

Musique : Alexandre Desplat, Mark Mothersbaugh

Chefs Décorateurs : Adam Stockhausen, Rena DeAngelo

Directeurs Artistiques : Matthieu Beutter, Loïc Chavanon, Stéphane Cressend

Production : Wes Anderson, Steven M. Rales, Jeremy Dawson, Octavia Peissel, Roman Coppola, Henning Molfenter, Christoph Fisser, Charlie Woebcken, Ben Adler

Durée : 1h48

Pays : USA

Sortie en salles le 27 octobre 2021

Acteurs Principaux : Bill Murray, Owen Wilson, Tilda Swinton, Benicio Del Toro, Lea Seydoux, Adrian Brody, Frances McDormand, Timothée Chalamet, Lyna Khoudri, Christoph Waltz, Jeffrey Wright, Liev Schreiber, Steve Park, Matthieu Amalric, Edward Norton, Saoirse Ronan, Elizabeth Moss, Guillaume Galienne, Cecile de France, Denis Ménochet, Hippolyte Girardot, Anjelika Huston

Genre : Comédie Dramatique, Film à sketchs

Note : 7,5/10

Trois ans après le très sympathique L’île aux chiens, Wes Anderson a la lourde tâche de donner un successeur live à son extravagant et émouvant Grand Budapest Hôtel. Ou peut-être n’a t’il tout simplement plus rien à prouver. Il se donne alors quelques vacances à Ennui-sur-Blasé, village qui ressemble fort à notre Angoulême, aux côtés d’une troupe de journalistes sous le haut-patronnage de Bill Murray, rédacteur en chef exilé depuis fort longtemps dans cette charmante bourgade pour apporter nos nouvelles à sa ville de Liberté au Kansas. Selon ses dernières volontés, son décès sera aussi celui de son journal. The French Dispatch est la représentation cinématographique de cet ultime numéro du French Dispatch, au sein duquel quatre de ses journalistes vont publier chacun un article de leur spécialité. Ce dernier film est un exercice de style avant tout, et ce n’est peut-être pas plus mal qu’il débarque après deux de ses films les plus émouvants. Le grand manitou du pastel et des travelling latéraux n’ y a pas remisé les jouets qui sont sa marque de fabrique, mais il a ajouté à sa palette un élégant noir & blanc pour évoquer la France du passé, à travers des emprunts à son cinéma. Comme l’Amérique se plaît à représenter son Histoire à travers ses films, Wes Anderson fantasme la France à travers les images qu’elle a léguées. La reproduction tient parfois du fétichisme, mais elle est tellement appliquée, avec une photographie aux petits oignons et des notes de piano illustrant à merveille chacun des sketchs, qu’on suit le fil de narration avec un plaisir certain. On prend aussi un autre type de plaisir à voir comment le maestro parvient à transformer un casting français bien peu excitant sur le papier et à le mêler à sa troupe d’affranchis d’Hollywood.

Le Wes Anderson grand narrateur rend ici hommage à une certaine idée du journaliste comme personnage qui conte plus qu’il ne décrit, qui imagine plus qu’il n’informe, qui s’enflamme pour de petits riens, mais surtout parvient à captiver avec peu, à coups de détails futiles et de circonvolutions dans de très longs articles. Un journalisme qui n’existe plus vraiment. Chacun y trouvera son récit de prédilection- le premier article avec Benicio Del Toro en peintre alliéné est mon favori – sans pour autant mégoter sur le reste des friandises offertes. C’est un peu ce qu’il y’a de grand avec Wes Anderson, cette faculté à retourner une ode à la futilité bourgeoise sur le papier en quelque chose d’imprévisible et d’entraînant. Le timing comique et le rythme sont probablement la clé pour comprendre son étrange musique. Malgré sa joyeuse bande de pieds nickelés journalistiques, The French Dispatch n’est pas une Zissouade. Il n’est peut-être pas aussi attachant que La vie Aquatique ou The Grand Budapest Hôtel, qui se planquaient nettement moins derrière leur style. Mais il demeure une belle petite ballade peuplée de nombreux personnages et empreinte de ce talent tranquille de conteur dont Wes Anderson nous fait profiter depuis maintenant plus de deux décennies.

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