The Secret of Roan Inish – Le Secret de Roan Inish

Réalisation : John Sayles

Scénario : John Sayles, d’après la nouvelle de Rosalie K.Fry « Secret of the Ron Mor Skerry »

Directeur de la Photographie : Haskell Wexler

Montage : John Sayles

Musique : Mason Daring

Chef Décorateur : Adrian Smith

Direction Artistique : Dennis Bosher, Henry Harris, Lucy Richardson

Production : Sarah Green, Glenn R. Jones, R. Paul Miller, Peter Newman, Maggie Renzi, John Sloss

Pays : USA, Irlande

Durée : 1h43

Sortie en salles le 19 mars 1997. Le 14 mai 1994 aux USA.

Acteurs Principaux : Jeni Courtney, Mick Lally, Eileen Colgan, Richard Sheridan, John Lynch, Susan Lynch, Fergal McElherron, Brendan Conroy

Genre : Drame, Conte Fantastique

Note : 7,5/10

1946. La jeune Fiona vient de perdre sa mère et elle a dû suivre son père à la ville. Cet exode sera de courte durée car, inquiet pour son état de santé, il l’envoie se ressourcer dans le petit village de pêcheur de ses parents, sur la côte ouest de l’Irlande. Dès son arrivée chez ses grands-parents et son cousin Eamon, la fillette entend les légendes sur l’île de Roan Inish, que sa famille a quittée il y’a quelques années de cela, et qui est désormais habitée par les phoques. Alors que la famille quittait l’île, le frère de Fiona fut emporté par les eaux avec son berceau, et personne ne l’a retrouvé. Fiona commence à croire les rumeurs que son frère ne serait pas mort, et qu’il errerait sur l’île en compagnie des animaux. Elle se met en tête, avec son cousin, de reconstruire la demeure familiale et de le retrouver.

On ne s’attend pas à voir un conte fantastique familial dans une rétrospective de John Sayles. Mais The Secret of Roan Inish ne tient pas que sa singularité que du genre qu’il aborde. C’est aussi le premier film du réalisateur non situé aux Etats-Unis. Le roman de Rosalie K.Fry dont il est adapté se déroulait en Ecosse, la légende des Selkies (des phoques qui peuvent se défaire de leur peau pour devenir humain) qui est traitée dans le film appartenant au foklore écossais. Mais le réalisateur décida, pour des raisons de production, de le déplacer en Irlande. Filmé presque intégralement à Donegal, The Secret of Roan Inish bénéficie des recherches de John Sayles sur les gens qui vivaient à l’époque dans les îles de Kerry. La photographie d’Haskell Wexler (chef op’ de Vol au-dessus d’un nid de coucou, qui a déjà travaillé avec Sayles sur Matewan) sait immerger dans cet atmosphère irlandaise sans nulle autre pareille et préparer le dépaysement visuel qui fera glisser le film dans une sorte de réalisme magique. Mason Daring, le fidèle compositeur de Sayles, ajoute avec élégance les notes celtiques qui illustrent l’aventure de Fiona sur la terre de ses ancêtres. Mais ce sont les acteurs et les récits oraux qui ponctuent le film qui achèvent de transporter dans cet autre monde au sein duquel les légendes viennent illuminer les dures réalités de la vie. La famille Connelly, comme John Sayles l’a souvent rappelé pour ses récits américains, est la somme des gens qui la composent, mais aussi la somme des histoires inventées autour d’elle. L’état chétif de Fiona au début du film, au milieu des adultes sans visage de la grande ville, renvoie à son déracinement. Son retour aux sources sera l’occasion de retrouver une identité à travers les récits familiaux du passé et la recherche de la vérité, et aussi de se construire sans ses parents. Ainsi l’enquête de Fiona sur son frère annonce t’elle l’enquête fil rouge de Lone Star, le film suivant du réalisateur. Fiona et Sam Deeds sont tous deux des déracinés qui doivent construire sur un lourd héritage.

John Sayles a l’habitude de montrer des communautés qui s’opposent, faute de communication. The Secret of Roan Irish déroge aussi à cette règle, car il ne décrit pas la réalité, telle que John Sayles la voit dans son pays mais le point de vue d’une enfant. En cela, il reste fidèle à un de ses principes maîtres en tant que scénariste : Aucune règle fixe, uniquement ce qui sert l’histoire. Faire de Fiona l’héroïne de son film impose de se mettre à vue d’enfant, comme la première scène le rappelle. C’est aussi abandonner le temps d’un film ce principe de réalité pour laisser la fantaisie avoir le dessus. Le réalisateur revient à l’occasion à un propos social en montrant le dénuement des grands-parents de la fillette. Il sera toujours en arrière plan, le plus important étant le projet de la gamine et de son cousin, et l’énergie qu’elle déploie pour prouver aux siens que l’impossible est bien réel. Choisie parmi plus de mille enfants pour le rôle de Fiona, Jeni Courtney règne sur le film comme le ferait un acteur adulte. L’écriture de son personnage, à la fois autonome et enfantin, est remarquable. On retrouvera par la suite des enfants de cette trempe chez Alfonso Cuaron (la petite princesse) ou Guillermo Del Toro (le labyrinthe de Pan), mais ils restent l’exception dans ce type de récit. Les plus petits pourront la suivre avec plaisir dans ses pérégrinations, tandis que les adultes trouveront leur compte dans d’autres niveaux de lecture. Les uns et les autres se retrouveront dans une conclusion irréelle, une des rares concessions de John Sayles au happy end.

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