Baby it’s you

Réalisation : John Sayles

Scénario : John Sayles, Amy Robinson

Directeur de la Photographie : Michael Balhaus

Montage : Sonya Polonsky

Musique : Mason Daring

Chef Décorateur : Jeffrey Townsend

Production : Robert F. Colesberry, Griffin Dunne, Amy Robinson

Pays : USA

Durée : 1h45

Inédit en France. Sortie en salles aux USA le 4 mars 1983

Acteurs Principaux : Rosanna Arquette, Vincent Spano, Matthew Modine, Joanna Merlin, Jack Davidson, Sam MacMurray, Claudia Sherman, Martha Kober, Tracy Pollan

Genre : Drame, Comédie Romantique

Note : 6/10

1966. New Jersey. Jill est une lycéenne modèle et populaire qui ambitionne de devenir actrice. Elle est abordée à plusieurs par « Sheik », un jeune italien de la classe ouvrière dont le seul rêve est de devenir Frank Sinatra, et qui affiche une attitude arrogante en toute circonstance, autant qu’un goût affiché pour l’élégance vestimentaire. A force d’insistance et par envie du grand frisson, Jill finit par sortir avec Cheikh et par découvrir son monde. Mais leurs différence et leur évolution respective vont mettre à l’épreuve cette relation un peu contre-nature.

Le troisième film de John Sayles est déterminant dans sa carrière puisqu’il est son seul film dont il n’est pas à l’origine du scénario. Baby it’s you est le bébé de Double Play Production – qui réunit les acteurs Griffin Dunne et Amy Robinson. Tous deux ont signé un deal avec la 20th Century Fox et imposé Sayles à l’écriture et au scénario, pour dix fois le budget de Lianna. Mais l’histoire est développée par Amy Robinson et elle s’inspire de sa propre vie. L’actrice a été révélée dans le Mean Streets de Martin Scorsese, et le duo de producteur sera également à l’origine du très bon After Hours (1985), duquel Griffin Dunne est le héros. Leur participation explique probablement la façon dont Baby it’s you s’engouffre dans la veine pop initiée par Martin Scorsese, jusqu’à en faire le corps du film : Les droits de pas moins de vingt sept chansons, incluant une majorité de grands succès des années 60 – dont le Baby it’s you des Shirelles, Stand by me, a wither shade of pale… – et quelques morceaux de Bruce Springsteen censées dépeindre l’état d’esprit du personnage de Sheik ont dû être sécurisés par les producteurs. Baby it’s you possède également un traitement urbain à mi-chemin entre Mean Streets un teen-movie. Ancien chef opérateur de Fassbinder et futur collaborateur de Scorsese sur…After Hours, Michael Ballhaus apporte le supplément de caractère à l’image qui empêche le film de glisser dans la romance teen qui lui pendait au nez. Il n’y a pas à douter que la Fox souhaitait produire un nouveau Grease, allant jusqu’à proposer Maxwell Caulfield (héros de Grease 2) dans le rôle de Sheik, mais le réalisateur insista pour garder Vincent Spano. D’autres désagréments avec le studio contraignirent John Sayles et ses acolytes de s’en détacher pour conserver le final cut, au risque d’avoir recours à des financements indépendants. Cette production mouvementée nourrit la méfiance de John Sayles à l’égard des studios.

Le Final Cut obtenu ne sauve pas pour autant le film. Baby it’s you est un étrange objet qui dévoile très bien ses intentions, mais qui se perd très souvent dans son résultat. le film est clairement partagé en deux parties, la première est le cocon du lycée, la seconde la vie de Jill à l’université et comment ses expériences de jeune adulte révèlent ses doutes. Cette seconde partie est bien saylesienne, mais elle a une facture plus brouillonne que ses deux premiers films. L’impression est que certains passages ont été coupés, que l’enchaînement des scènes est trop rapide, et que le film aurait dû être plus long pour que ses personnages puissent mieux respirer. John Sayles cherche visiblement à mettre en avant les différences sociales de ses deux personnages et à bousculer les standards de la comédie romantique. A ce stade, Jill a déjà décidé que Cheik était un frisson de ses années lycée, un souvenir à raconter à ses amis, mais il lui manquait la consommation de leur relation pour confirmer son choix. Malgré les efforts de Vincent Spano, Cheik reste un personnage stéréotypé, non fini, qui se confrontera au monde réel dans la dernière partie, mais dont la volonté d’évolution est incertaine. Le film pâtit aussi de ses second rôles inexistants, un accident dans la carrière de Sayles qui a toujours tenu à développer chacun de ses personnages. Ces écueils n’évacuent pas pour autant le côté attachant de ce retour dans les 60’s du point de vue des années 80. Il gagne à être vu, ne serait-ce que pour découvrir Rosanna Arquette dans son premier grand rôle. L’actrice est à la hauteur de son statut d’héroïne – comme le confirmeront peu après ses rôles dans After Hours (!), Recherche Susan désespéremment et le Grand Bleu .

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