Venaciafrenia

Réalisation : Alex de la Iglesia

Scénario : Jorge Guerricaechevarria, Alex de la Iglesia

Directeur de la Photographie : Pablo Rosso

Montage : Domingo Gonzalez

Musique : Roque Banos

Direction Artistique : Jose Luis Arrizabalaga Biaffra

Production : Carolina Bang, Roque Banos, Ricardo Marco Budé, Ariens Damsi, Alex De la Iglesia, Giacomo Gagliardo, Ignacio Salazar-Simpson

Pays : Espagne

Durée : 1h20

Sortie le 26 novembre 2021 en Espagne. Sortie française le 21 avril 2022 sur Amazon Prime

Acteurs Principaux : Ingrid Garcia Jonsson, Silvia Alonso, Goize Blanco, Nicola Illoro, Alberto Bang, Cosimo Fusco, Enrico Lo Verso, Caterina Murino

Genre : Thriller, slasher

Note : 7/10

En mai 2020, Alex de la Iglesia et sa femme l’actrice / productrice Carolina Bang (Balada Triste, Les sorcières de Zugarramurdi) signent un accord avec Amazon Studios et Sony Pictures pour produire une série de films d’horreur réalisés chacun par un réalisateur différent et baptisée The Fear Collection. Le réalisateur du Jour de la Bête s’est réservé l’honneur du coup d’envoi avec ce Veneciafrenia, qu’on aurait pu sous-titrer La colère de Venise. De la Iglesia y délaisse la palette burlesque et le grand-guignol pour la gravité et le suspens, avec cette touche de colère sociale désespérée qu’il laisse de plus en plus sortir brut depuis Balada Triste de Trompetta. L’activisme d’Alex de la Iglesia n’a rien de neuf. Dès son premier film, l’explosif Accion Mutante, les handicapés et les disgracieux terrorisaient le monde construit par les beaux. Et même si le frondeur est depuis une décennie bien plus clown triste, la hargne est intacte. Ici cette hargne est d’abord dirigée contre le pouvoir de destruction des touristes, avec un groupe servi à point pour être sacrifié sur l’autel médiatique. A l’occasion de l’enterrement de vie de jeune fille d’Isa, ses amis et son frère l’accompagnent à Venise. Le groupe est accueilli avec violence par les manifestations des locaux, qui rejettent en bloc un nouveau projet de modernisation de la ville. Faisant fi de cette hostilité, le groupe profite du séjour. Ils croisent sur la route un étrange acteur en costume de Rigoletto qui leur cause une grande frayeur, puis un docteur en costume de médecin de la peste qui les convie à la « soirée de leur vie ». Les touristes refusent d’abord, mais ils ont l’occasion de recroiser sa route plus tard dans la soirée, et ils le suivent dans son antre de débauche. Le lendemain, l’un d’entre eux a disparu. C’est le début du cauchemar.

Mélange de thriller et de slasher baroque (parfois à la limite du giallo), Veneciafrenia ne cherche pas à nous mettre totalement à dos son groupe de jeunes. Mais il ne perd pas pour autant une occasion de s’attarder sur les meurtres et sur son groupe de terroristes en costumes, au point même de leur réserver son dernier plan. Ils devront faire face à trois figures de l’ordre établi : Une scream queen qui se révèle dans le drame, un policier local d’abord dubitatif et un gondolier pris de sympathie pour son gagne-pain, tout trois peu mis en valeur. En tout cas bien moins que cette Venise filmée comme un théâtre morbide, empêtrée dans une mascarade sans fin où le faux (l’image) a pris la place du vrai (la vie de ses habitants). Une scène d’exécution publique particulièrement sanglante sous les caméras des téléphones portables et la foule en délire rappelle que nous avons à faire au même cinéaste qui avait livré le poignant Un jour de Chance, remake à peine remis à jour du Gouffre aux Chimères de Billy Wilder. Venaciafrenia est un film classique et réussi, qui a pour seul défaut de venir après une longue liste de grands films bien moins sages. On se prend parfois à regretter de ne pas y voir de personnage réellement méchant (le récent Pris au piège en montrait son lot) , mais le réalisateur n’a peut-être plus envie de rire à cette mauvaise farce, et ressent-il plus le besoin de montrer la méchanceté et la bêtise ordinaire dans ce qu’elle a de plus banale et de moins assumée, sans forcer le trait. Il fallait être au Max Linder Panorama pour voir ce très sympathique film dans une salle française, et il est peu probable qu’on le voit autrepart qu’en VOD dans l’hexagone, malgré le palmarès impressionnant de ce cher Alex.

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