La Fièvre de Petrov – Петровы в гриппе – Petrov’s Flu

Réalisation : Kirill Serebrennikov

Scénario : Kirill Serebrennikov, Alexeï Salnikov

Directeur de la Photographie : Vadislav Opelyants

Montage : Yuriy Karikh

Chef Décorateur : Vlad Ogay

Production : Pavel Burya, Ilya Dzhincharadze, Murad Osmann, Max Pavlov, Igor Pronin, Olivier Père, Andreas Roald, Ilya Stewart, Dan Wechsler, Yulia Zayceva, Jamal Zeinal Zade

Pays : Russie, France, Suisse

Durée : 2h25

Sortie en salles le 1er décembre 2021

Acteurs Principaux : Semyon Serzin, Chulpan Khamatova, Yuliya Peresild, Yuri Kolokolnikov, Yuriy Borisov, Ivan Dorn, Aleksandr Ilin, Sergey Dreyden

Genre : Drame onirique

Note : 6,5/10

Leto était de ces météores qui chamboulent un palmarès, débarquant de Russie il y’a déjà trois ans, à la fin de l’année 2018. Depuis, Kirill Serebrenikov est revenu à la mise en scène d’opéra et il a été condamné à trois ans de prison avec sursis dans le cadre de l’Affaire du septième studio. Véritable poil à gratter de la Russie de Vladimir Poutine, le cinéaste metteur en scène a été soutenu à son procès par de nombreuses personnalités culturelles de son pays. Il a encore trouvé le temps, malgré la pandémie, de livrer cette adaptation libre du roman d’Alexeï Salnikov, Les Petrov, La Grippe etc…Un roman seulement paru en Russie en 2016. Il est intéressant de le préciser car La Fièvre de Petrov – qui ne raconte que les délires d’un russe de 2021 suite à une mauvaise grippe et une trop forte consommation d’alcool – possède cet aspect libre et foisonnant, un peu cynique et riche en personnages du roman russe du XIXe siècle. Serebrenikov dévoile le monde de son personnage comme un voyage dans sa propre ligne temporelle, dans lequel le passé fait écho au présent.

Coincé dans le présent d’un pays où la liberté d’expression est presque inexistante et où les plus vieux renvoient sans cesse à la gloire perdue de l’URSS, notre jeune héros trouve son refuge dans les bédés qu’il dessine. Sa famille n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était, un peu comme celle de ses parents qui est vite partie à vau l’eau. Un spectacle de son fils le ramène à ce jour où lui-même avait participé à un spectacle alors qu’il était petit, où il a pu parler à cette femme. Un des moments les plus mémorables de sa vie. Mais qui était-elle vraiment? Pendant ce temps, son ex ne supporte plus leur fils et elle est prise d’envies de meurtres de plus en plus pressantes. Serebrenikov ne fait que prendre des risques, risquant à tout moment de larguer le spectateur – ce qu’il parvient à faire de nombreuses fois. Mais il subsiste dans ce maelstrom de sensations et de réminiscences des moments qui scotchent, de par leur simplicité et leur beauté. Au final, c’est plus un sentiment positif qui en ressort, pourvu qu’on ait accepté de se laisser guider sans chercher à trop contrôler son expérience. On est bien loin de Leto, mais la réussite majeure de Serebrenikov a été de rendre palpable cet état de délire où le cerveau s’emballe, faisant un amalgame de souvenirs, de désirs et de peurs refoulées – dans un contexte pourtant très réaliste. il y’a quelque chose qui sublime un peu cet état de perdition et qui donne envie d’oublier les quelques longueurs du film, pour y replonger encore.

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