Succession – Saison 3

Créateur / Showrunner : Jesse Armstrong

Scénaristes : Jesse Armstrong, Susan Soon He Stanton, Jamie Carragher, Georgia Pritchett, Tony Roche, Jon Brown, Will Tracy, Ted Cohen

Réalisateurs : Mark Mylod, Andrij Parekh, Shari Springer Berman, Kevin Bray, Robert Pulcini, Lorene Scafaria, Cathy Van

Directeurs de la Photographie : Patrick Capone, Christopher Norr

Montage : Ken Eluto, Jane Rizzo, Ellen Tam, Brian A. Kates

Chef Décorateur : Stephen H. Carter

Directrice artistique : Marci Mudd

Pays : USA

Durée : 9 x 60mn

Diffusé sur HBO depuis le 17 octobre 2021 et sur OCS depuis depuis le 18 octobre 2021

Acteurs Principaux : Brian Cox, Jeremy Strong, Sarah Snook, Kieran Culkin, Alan Ruck, Matthew Macfadyen, Nicholas Braun, J. Smith-Cameron, Peter Friedman, Justine Lupe, David Rasche, Fisher Stevens, Zoe Winters, Scott Nicholson, Alexander Skarsgard, Adrian Brody

Genre : Drama Familial, Satire

Note : 7/10

Cette saison 3 de Succession s’est bien faite attendre, capitalisant toute l’année 2020 sur le twist malin de la fin de la saison 2. L’arène fut réouverte fin octobre sur OCS pour les héritiers Roy, pour se refermer au début de cette semaine. Neuf lundis qui ont rappelé à quel point une bonne série sait jouer sur le rituel plus que sur le binge. Ce nouveau cru n’a pourtant pas apporté de grandes nouveautés, mais le casting principal est tellement épatant qu’on pourrait les suivre même sur du vide, pourvu que les mesquineries et les réparties fusent. Il n’a pas non plus désigné de vedette dans la fratrie. Après une première saison centrée sur Kendall Roy (Jeremy Strong) et une saison 2 qui mettait en avant Siobhan (Sarah Snook), celle-ci se contente d’observer les enfants Roy graviter autour de leur père comme des abeilles autour d’un pot de miel. Aucun des personnages n’existe plus par lui-même, hors du phénomène de cours installée. L’affrontement promis entre Kendall et Logan permettra quelques échanges musclés, mais il ne se révèle être qu’une partie d’échec à armes inégales, où le premier tourne très vite en rond, tous ses actes étant guidés par le rapport qu’il entretient avec son père. Il explosera inévitablement dans les derniers épisodes, étalant un remake de la saison 1 en plus pathétique. Les pièces rapportées jouent aussi leurs cartes. Un des arcs les plus savoureux de cette saison est celui de Tom Wambgans, agneau sacrificiel ambulant au bord de la dépression, préparant son séjour en prison comme on prépare des vacances à Hawaï. Cela ne l’empêchera pas de continuer de jouer de son emprise un peu sadique sur son benêt personnel Greg, ni de progressivement réaliser un rapprochement avec son beau-père. Sur toute la saison, la partie est finement jouée par les scénaristes pour transformer un simple twist final en un geste signifiant qui entrera dans l’Histoire des séries.

Le véritable héros de cette saison est bien Brian Cox, aka Logan Roy. Malgré un état qui frise parfois la démence, le « parrain » mène la danse comme il ne l’a jamais fait sur les deux premières saisons. L’emprise malsaine qu’il exerce sur chacun de ses enfants envahit chaque interaction, encore décuplé par la réalisation progressive qu’aucun d’eux n’a la carrure pour être un tueur. La satire ouverte des deux premières saisons qui flirtait souvent avec le grotesque prend ici des allures tragiques, comme chacun passe son temps à s’auto-parodier. Dans les fastes inutiles de Kendall, dans la course à l’attention un peu pimbêche de Siobhan, dans le cynisme omniprésent de Roman ou l’ambition présidentielle ridicule de Connor, tous rejouent constamment les enfants que l’on voit dans le générique. Cette saison refuse de céder à une identification, ne serait-ce que subreptice à un des membres de la fratrie, remettant perpétuellement la balle au centre jusqu’au jugement final. Dans ce jeu qui se rejoue sans cesse, il y’a toujours de grands épisodes comme seuls HBO sait en faire. Les épisodes 5 et 7 atteignent une tension comme seules ses séries des années 2000 ont su en créer (Les Soprano ne sont jamais loin). Mais le doublé final en Italie ressemble trop à une redite des précédentes saisons pour véritablement faire mouche, en dépit de ses dernières scènes. Gageons que le renversement du jeu apportera une nouvelle dynamique dans la saison 4, et remettra peut-être un peu plus de piment dans la partie. En attendant, on aurait tort de se priver de cette saison 3, toujours à deux coudées au-dessus des autres dramas du moment.

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