It’s Always Sunny in Philadelphia – Saison 15

Showrunner / Créateur : Rob McElhenney

Scénaristes : Rob McElhenney, Glenn Howerton, Charlie Day, David Hornsby, Rob Rossell, Keyonna Taylor, Kathie McElhenney,

Réalisation : Todd Biermann, Pete Chatmon, Richie Keen, Megan Ganz

Directeurs de la Photographie : John Tanzer

Montage : Josh Drisko, Scott Draper

Musique : Cormac Bluestone

Chef Décorateur : Valdar Wilt,

Direction Artistique : Walter Eckert, Sarah Heath

Production : Charlie Day, Josh Drisko, Rebecca Edwards, Nick Frenkel, Megan Ganz, David Hornsby, Glenn Howerton, Victor Hsu, Jeff Luini, Ross Maloney, Rob McElhenney, Sean Palsgaard, Nina Pedrad, Rob Rossell, Michael Rotenberg, Bryan Swarberg, Cait Collins

Pays : USA

Durée : 8 x 22 mn

Acteurs Principaux : Glenn Howerton, Rob McElhenney, Kaitlin Olson, Charlie Day, Danny De Vito, Mary Elizabeth Ellis, Colm Meaney

Genre : Sitcom

Note : 8,5/10

Diffusée sur FXX du 1er au 22 décembre 2021. La série est diffusée en France sur Canal + et Comédie +

Le gang du Paddy’s pub nous avait quitté fin novembre 2019 avec la promesse d’une quinzième saison qui consacrerait It’s Always sunny in Philadelphia comme la sitcom la plus longue de l’Histoire. La pandémie s’est installée peu après, obligeant la production à s’arrêter pour un an – une période pouvant être mise à profit pour revoir les hilarantes quatorze saisons ayant précédées (L’auteur de ces lignes ne s’en est pas privé pendant ces longues périodes de confinement, Sunny étant parfaite en double programmes avec Becker, Review ou 3ème planète après le Soleil). Pendant ce temps, Rob McElhenney et ses complices trouvaient dans la masse d’immondices de l’actualité US de 2020 et 2021 un trésor d’inspiration prompt à faire de cette saison 15 la saison la plus ouverte de la série, la plus en phase avec l’actu.

Depuis sa création en 2005, Sunny a toujours été ce qui se rapprochait le plus d’un South Park live, tirant sa force d’une galerie de personnages décomplexés dans leur bêtise et leurs bassesses. Jusqu’à ces cinq dernières années, la série peut s’enorgueillir, à l’instar de celle de Parker et Stone, de rester une sorte de Safe Space relatif (ce mot étant pesé depuis quelques années) où les pires sujets peuvent être abordés de la façon la plus trash et la plus jusqu’au-boutiste possible. Mais là où South Park se caractérise par sa volonté de mettre en avant l’absurdité de l’actualité – et donc d’y coller au plus près – Sunny est enfermée dans son microcosme, comme les membres du gang sont enfermés dans leur égo gros comme une tour d’Ivoire. Si bien que lorsqu’ils sont confrontés à des personnages plus classiques (un avocat, un principal de collège etc…), ils ne se rendent jamais compte de leur décalage. La série tire ainsi à la fois le bénéfice de son esprit « cartoon » et de sa forme live, quelque part entre la satire sociale américaine (et occidentale) et un humour de transgression régressif et méchant.

Le premier épisode de cette saison 2020 : A Year in Review prend de façon inédite l’actu à bras le corps en déroulant les activités qui ont occupé le gang durant cette longue année COVID, qui fut aussi celle de la campagne électorale aux Etats-Unis. Le pauvre inspecteur incarné par Brian Huskey est chargé de contrôler à quoi l’allocation COVID américaine (Paycheck Protection Program) accordée aux membres du Paddy’s Pub a été employée durant la fermeture de leur bar. Il découvre avec horreur, à travers leurs récits, qu’ils ont utilisé cet argent pour des activités aussi inutiles que toxiques : retarder des comptages des élections en truquant les urnes, créer l’accoutrement hyper-médiatisé du Qanon Shaman ou l’étrange potion qui a causé d’étranges sueurs à Rudy Giulani lors d’une conférence de presse. Le second épisode, The Gang makes Lethal Weapon 7 est une réponse directe au retrait de Netflix US de l’épisode où Mac incarnait le Murtaugh du pauvre de leur non moins pauvre 6ème « adaptation » de l’Arme Fatale en arborant une blackface. Rob McElhenney et son équipe parviennent à jongler sans trop se brûler entre les excuses obligatoires (le nouveau Murtaugh est incarné par un noir) et une dénonciation habile de l’absurdité de cette censure aveugle à tout contexte, avec les moyens de l’humour distancié de la série. Les deux épisodes suivants reviennent en mode vase clos. The Gang buys a Roller Rink est un épisode flashback qui revient avec plus ou moins d’inspiration à la fin des 90’s, aux sources de l’acquisition du Paddy’s Pub , une époque charnière dans la chute de Dennis et de Dee. Le quatrième, The Gang Replaces Dee with a Monkey, est du Sunny quatre étoiles. Nous suivons Dee (Kaitlin Olson, on fire) dans ce qui pourrait être la chance de sa vie de percer comme actrice alors que les quatre autres la remplacent par un singe qui sert étonnamment bien la bière, mais qui pourrait bien cacher son jeu.

Les événements de cet épisode nous amènent au gros de la saison, annoncé par l’affiche promotionnelle qui déguisait le gang en irlandais pur jus. Les quatre profitent du tournage de Dee en Irlande pour splitter son billet en première classe et s’inviter au voyage. La deuxième moitié de cette saison de huit épisodes rend compte de ces « vacances » en Irlande. Les scénaristes en profitent pour remettre en avant le complexe identitaire ô combien d’actualité de Mac, qui ne serait finalement pas un vrai irlandais et se trouve dépossédé de la première identité qui le définissait. Ils saisissent également l’occasion de nous faire rencontrer le vrai père de Charlie et d’offrir au personnage incarné par Charlie Day un rare « moment vrai », comme Mac en avait eu lors de Mac Finds his Pride. C’est aussi un bon moyen d’explorer les liens…particuliers qui se sont tissés entre Charlie et Frank. Les inquiétantes pulsions criminelles de Dennis trouveront quand à elle un excellent contexte pour se déchaîner, alors qu’il couve un COVID plutôt sévère. Alors que South Park assumait des épisodes spéciaux pandémie, Sunny en fait habilement un élément fil rouge au service de chacune de ces intrigues. Lorsque nos cinq américains jettent d’une falaise le corps d’un irlandais qu’ils ont indirectement tué en le contaminant, l’image est lourde de signification sur l’influence de l’Amérique dans l’exportation des fake news et théories conspirationnistes en Europe. Le trait n’en est pas pour autant forcé, la série se centrant toujours sur les ressorts comiques de ses personnages en laissant le politique à l’arrière plan.

Ces quatre épisodes irlandais sont par ailleurs un modèle d’écriture où les superstitions locales et l’Eglise catholique en prennent autant pour leur grade que nos cinq américains. Il n’y a qu’un hic : la faible part laissée aux extraordinaires seconds rôles sur cette saison. La serveuse (Mary Elizabeth Ellis) a bien été envoyée en Irlande et nous pouvons voir des apparitions d’Artemis ou de la mère de Mac, mais c’est bien moins que ce à quoi la série nous avait habitués. Mais cette saison 15 est loin de signer un repos sur les lauriers de sa longévité. FXX a accordé encore trois saisons au gang du Paddy’s Pub et il y’a fort à parier que la saison 18 sera aussi inspirée que cette quinzième fournée.

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