South Park – Post Covid / Post Covid : Return of the Covid (24-03 & 04)

Showrunners / Créateurs : Trey Parker & Matt Stone

Réalisation : Trey Parker

Scénario : Trey Parker, Matt Stone, Brian Grader

Directeur de la Photographie : Gareth Taylor

Montage : Giancarlo Ganziano

Musique : Jamie Dunlap

Département Son : Joe Schiff, D.A Young

Animateurs : Eddie Alvarado, Andy Arett, Olivier De Guia, James Dion, Jonathan Eden, Jason Gabriel, Lesley Hur, Neil Ishimine, Dave Koch, Jason Lopez, Jason Lucas, John Luciano, Kristen McCormick, George Newman, Scott Oberholtzer, Charis Patton, Winter Rafferty, Shaina Reyes, Andrew B.Rhoades, Jonathan Robert, Anthony Sant’Anselmo, Edgar Tellez

Pays : USA

Durée : 57 mn + 50 mn

Diffusés à partir du 25 novembre 2021 et le 16 décembre 2021 sur Paramount+

Production : Franck C.Agnone II, Adrian Beard, Bruce Howell, Vernon Chatman, Giancarlo Ganziano, Anne Garefino, John ‘Nancy’ Hansen, Bruce Howell, David List, Gary Martinez, Mark Munley, Kurt Nickels, Trey Parker, Matt Stone, Nate Pellettieri, Greg Postma, Lydia Quidilla, Wonnie Ro, Darryl Sancton, Jack Shin, Jenny Shin, Eric Stough, Keo Tho

Voix US : Trey Parker, Matt Stone, April Stewart, Mona Marshall, Adrien Beard

Note : 9/10

38 ans ont passé depuis que la COVID 19 est apparue, et le monde commence enfin à y faire face. Devenu consultant online en whisky, Stan Marsh vit avec une version matérialisée d’Alexa, l’assistant vocal d’Amazon. Il reçoit un appel de Kyle, restée à South Park où il travaille comme conseiller d’éducation, qui lui annonce la mort de leur ami Kenny. Scientifique renommé et philanthrope, Kenny McCormick faisait des recherches sur les origines de la COVID pour trouver un nouveau traîtement. Kyle pense que Kenny a été tué pour cette raison. A la veillée funèbre, les deux amis retrouvent leurs anciens copains de classe, Wendy Testaburger, Tweek, Craig, Token, Jimmy et Clyde…et Eric Cartman. Ce dernier s’est marié avec une juive, Yentl, est devenu rabbin et père de trois enfants. Kyle y voit aussitôt une attaque à son égard, mais il semble que Cartman ait trouvé le bonheur dans ce monde détraqué, alors qu’eux non. Lors de l’enterrement, on vient leur annoncer que Kenny est mort d’une nouvelle forme de COVID. La ville est mis en quarantaine pour les trente prochaines années car Clyde a décidé de ne pas se faire vacciner. Stan et Alexa sont donc assignés à rédience. Suivant les indices de Kenny qui mènent à la ferme Tégrité, Stan finit par reprendre contact avec son père Randy en dépit des évènements dramatiques qui les ont séparés. Il apprend que c’est son père qui a propagé la COVID. Pendant ce temps, le groupe d’anciens amis mène l’enquête sur la mort de Kenny et découvre qu’il avait élaboré une machine à remonter le temps pour éliminer le virus à la source. Chacun met tout en oeuvre pour sortir South Park de trente ans de plus d’un futur glauque, mais Cartman a décidé de les empêcher de remonter le temps.

Peu après le deuxième épisode de la saison 24, Trey Parker et Matt Stone ont signé un deal de 900 millions de dollars pour 14 films et la prolongation de la série jusqu’à 2027 sur la chaîne de streaming Paramount+. Les deux épisodes qui clôturent cette saison 24 atypique sont les deux premiers films du lot. Ils forment les deux parties d’une même histoire qu’on peut assimiler à une sorte de blockbuster South Park, bien que les moyens ne soient pas ceux d’un film. Trey Parker, Matt Stone et le scénariste Brian Grader ont livré un scénario d’une qualité indéniable sur la trame du Il est revenu (Ca) de Stephen King. Cela permet de briser la sacrosainte règle de l’animation adulte US depuis les Simpson qui veut que les personnages n’évoluent pas. Les gamins de South Park ont grandi, et ils sont devenus des presque quinquagénaires évoluant dans un monde hanté par la COVID et les divisions. Un futur quelque part entre Blade Runner (les panneaux pub avec la Geisha sont là), Retour vers le futur 2 et une version encore plus hardcore du monde de 2022. Les assistantes Alexa sont devenues des substituts d’épouse et harcèlent leurs clients, la musique ressemble à du Kraftwerk qui nous serine que « le futur craint », l’humour est conçu pour ne plus froisser personne et les oppositions créées par QAnon sont encore là. Parker et Stone valident donc les finals des deux premiers épisodes qui annonçaient un futur d’une grande tristesse. Mais alors que l’Histoire évolue, ils reviennent vers le point central du deuxième épisode pour pointer que les choses ont commencé à aller mal lorsque les divisions provoquées par la COVID ont mené à la séparation du groupe. Le cheminement des deux épisodes est conçu pour faire prendre conscience à Stan et à Kyle que l’important n’est pas de supprimer la pandémie, mais de changer les réactions qu’ils ont eus lorsque les choses ont commencé à redevenir à peu près normales. Les deux épisodes deviennent donc indissociables du Pandemic Special et du Vaccination Special, conférant même une plus value indéniable aux deux premiers épisodes et offrant une conclusion qui porte une résonance universelle. Ils s’adressent à tous ceux qui ont eu leur vie brisée, toutes les amitiés qui n’ont pas résisté à la COVID, toutes les familles que les opinions divergentes sur les questions de santé ont mis en froid. Tout le monde était perdu et a fait de son mieux sans savoir qui croire. Il est désormais temps de reconstruire en rebâtissant les fondamentaux.

Au-delà de cette sagesse typiquement South-Parkienne, ces deux films sont un bouillon de créativité qui met constamment le sourire aux lèvres. L’humour s’empare autant des réflexes conditionnés liés à la COVID que des éléments des vingt trois premières saisons. Parker et Stone assument leurs influences et les intègrent avec maestria à la mythologie qu’ils ont créé, tout en oubliant pas leur vocation de satire de l’Amérique. La scène du spectacle d' »humour » de Jimmy est un bel exemple de cette imbrication fluide : la scène annonce que le film reprendra le canevas de « Ca », mais il l’intègre avec un personnage crédible dans le rôle du comédien, sans oublier d’annoncer que ce futur est régi par une censure constante qui a asceptisé l’humour. Toutes ces couches se retrouvent dans la plupart des scènes, avec une touche de drame (ce qui touche la famille de Stan), de mélancolie et de l’action comique souvent non-sensique, fidèle à l’esprit de la série. Le mélange qui convoque les acquis du spectateur fidèle pour valider son attachement à tous ces personnages. Chacun des gamins « seconds rôle » de South Park sera traité en accord avec ce qu’il/elle a été, et ils auront, grâce à ce format de presque deux heures, un temps de présence bien plus conséquent. La pandémie aura permis à South Park de respirer et de retrouver un nouveau souffle. On attend les prochains films commandés avec une grande impatience.

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