Better Call Saul – Saison 6 Partie 1

Créateurs / Showrunners : Peter Gould & Vince Gilligan

Scénario : Vince Gilligan, Peter Gould, Gordon Smith, Ann Cherkis, Thomas Schnauz, Alison Tatlock, Ariel Levine

Réalisation : Vince Gilligan, Thomas Schnauz, Peter Gould, Michael Morris, Melissa Bernstein, Gordon Smith, Rhea Seehorn, Giancarlo Esposito

Directeur de la Photographie : Marshall Adams, Paul Donachie

Montage : Skip MacDonald, Chris McCaleb, Joey Liew

Cheffe Décoratrice : Denise Pizzini

Direction Artistique : Dins Danielsen, Ian Scroggins, Nikki Rudloff

Casting : Sharon Bialy, Russell Scott, Sherry Thomas, Marie A.K McMaster

Pays : USA

Durée : 7 x 46 mn

Diffusion du 18 avril au 23 mai 2022 sur AMC et sur Netflix du 19 avril au 24 mai 2022. Disponible en intégralité Sur Netflix.

Production : Melissa Bernstein, Vince Gilligan, Mark Johnson, Diane Mercer, Bob Odenkirk, Thomas Schnauz, Peter Gould, Jenn Caroll, Ann Cherkis, Gordon Smith, Alison Tatlock, Trina E. Siopy, Michael Morris, James Powers

Acteurs Principaux : Bob Odenkirk, Rhea Seehorn, Jonathan Banks, Tony Dalton, Giancarlo Esposito, Michael Mando, Patrick Fabian, Mark Margolis, Luis & Daniel Moncada, Ed Begley Jr

Genre : Comédie, Polar, Drame

Note : 9,5/10

Les contraintes de production de la COVID et le malaise cardiaque de Bob Odenkirk ont contrainte la dernière saison de Better Call Saul à être diffusée en deux parties, comme ce fut le cas en 2013 avec la série-mère Breaking Bad. On ne peut que se souvenir avec fébrilité de la montée en puissance et de la tension du premier round final des aventures de Walter White. Et malgré la qualité constante de Better Call Saul, peu auraient pu ne serait-ce qu’espérer que sa dernière saison égale celle de Breaking Bad. Après la diffusion des sept premiers épisodes, on peut maintenant parler de surpasser. La qualité du trio final de la saison 5, avec en point d’orgue la confrontation Lalo/Jimmy & Kim, n’était qu’un amuse-bouche pour ce qui vous attend avec cette première livraison.

Better Call Saul a avancé à sa vitesse et a creusé son sillon plus lentement, avec moins d’éclats que sa série-mère. Cela n’en rend pas moins le chemin parcouru plutôt considérable…comme celui accompli par Bob Odenkirk et Jonathan Banks en quelques années de Breaking Bad. Ce qui était à l’origine la série de Walter White et de Jesse Pinkman a développé à introduit de multiples personnages savoureux. D’abord des personnages de passage, Saul Goodman et Mike Ehrmantraut étaient devenus les plus remarquables du lot, et il semblait logique que la préquelle soit leur série. Mais par cet amour des personnages qui guide l’écriture de Vince Gilligan et de son équipe de scénaristes, Better Call Saul a accouché d’une autre multitude de grands personnages, au milieu desquels ont réussi à surnager deux pépites.

La première de ces pépites est Kim Wexler, à l’origine introduite pour soutenir Jimmy McGill et qui ne devait pas durer. Le jeu tout en subtilité de Rhea Seehorn a construit la relation complexe qu’elle entretient avec le futur Saul Goodman et a inspiré les showrunners. Elle a subi une évolution profonde, à peine perceptible sur les années, et la fin de la saison dernière l’a projetée en tête de file, au milieu d’un plan destiné à faire tomber Howard Hamlin. Cette saison, Better Call Saul est devenu la série de Jimmy & Kim, ou bien même de Kim & Jimmy, tant elle se révèle être faite d’un bois plus fort. La présence de Kim à ce niveau de l’intrigue est l’équation impossible de Breaking Bad, qui entretient toutes les hypothèses sur un rôle fantôme dans les aventures de White et Pinkman. Rhea Seehorn a eu l’honneur de débuter sa carrière de réalisatrice sur le très bon épisode 4 de cette saison, Hit & Run, et il serait bien injuste qu’elle n’obtienne pas l’Emmy Award de la meilleure actrice pour une série dramatique.

L’autre révélation qui explose dans cette demie saison est Lalo Salamanca, Psychopathe irrésistible incarné avec charisme et vivacité par Tony Dalton. A la suite du final de la saison 5, la star du clan Salamanca est laissée pour morte. Mais elle ourdit un plan visant à faire tomber Gus Fring, qui avait mandaté des tueurs pour l’abattre. Comme ce n’est pas le genre de Vince Gilligan et Peter Gould de tout solder dans un bain de sang au premier moment venu, le plan de Lalo est autrement plus malin. Pendant ce temps au Nouveau Mexique, ceux qu’il a croisé comprennent qu’il n’en ont sans doute pas fini avec lui. La présence de Lalo pèse sur le moindre épisode de cette première partie de saison, et même si l’affable Gus Fring ne montre toujours rien, la terreur a changé de camp. C’est cette terreur lancinante qui rend ce début de dernière saison aussi sombre et tendu. Une tension qui ne lâche même pas dans les moments de comédie, et qui explose dans la dernière scène. Une scène d’une importance capitale et d’un symbolisme très fort, puisqu’elle marque la collision brutale de deux univers de Jimmy qui étaient jusqu’ici cloisonnés : le monde juridique et celui du cartel.

Mais il y’a aussi ces autres personnages, auxquels on pourrait retirer ce qualificatif « autre », car ils ont leur tous leur complexité, et une vie propre en dehors de ce qu’ils peuvent représenter pour le carré d’as de la série. Gus Fring reste un cas à part, un trait d’union stoique entre Breaking Bad et Better Caul Saul. En fuite depuis la tentative de meurtre sur Lalo, Nacho Varga connaîtra son climax dans le puissant et pudique Rock and Hard Place (6-03), donnant à son interprète Michael Mando un des plus grands moments de la série. Les scénaristes en profiteront pour creuser son lien avec Mike, un lien qui fait écho à celui que l’homme de main entretiendra avec Jesse Pinkman. Et de façon plus étonnante, il y’a Howard Hamlin. De parfaite tête à claques en saison 1, l’avocat s’est mué en représentation de la mauvaise conscience de Jimmy McGill/Saul Goodman après la mort de Chuck. Gilligan et Gould parviennent à soutenir l’humanité d’Howard sans nous faire détester Jimmy et Kim, et sans faire disparaître ce qui en fait un archétype. Une gageure. Et il y’en a d’autres, des personnages secondaires déjà apparus qui reviendront à mesure de ces sept épisodes, certains pour s’installer, d’autres juste pour une apparition avant de devenir eux-mêmes des personnages de Breaking Bad. Better Call Saul reste unique dans son chassé croisé de personnages. Les interactions entre ces personnages sont attendues, voire fantasmées avant qu’elle ne se matérialisent. Si ce ballet permanent fait autant penser à du Sergio Leone, c’est que ces personnages sont tous dans l’attente d’un destin fatal que l’on connaît ou que l’on ignore encore. Et que c’est bien cette attente, plus que le point final, qui est magnifié dans chacun de ces épisodes.

Durant le tournage de cette saison, le créateur du personnage de Saul Goodman et co-showrunner Peter Gould aurait révélé à Bob Odenkirk que « quand Better Call Saul sera terminée, elle éclairera Breaking bad sur un nouveau jour … Vous verrez Breaking Bad et l’histoire de Breaking Bad d’une façon différente ». Et si en plus de surpasser la série-mère, la spin-off permettait à celle-ci de se bonifier encore ? Nous aurons la réponse aux alentours du 15 août, après la diffusion du dernier épisode. Rendez-vous le 12 juillet prochain pour savourer chaque minute qui nous y conduira.

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