Stranger Things – Saison 4 Partie 1

Créateurs / Showrunners : Matt & Ross Duffer (The Duffer Brothers)

Réalisation : Matt & Ross Duffer, Paul Dichter, Kate Trefry, Caitlin Schneiderhan, Curtis Gwinn

Scénario : Matt & Ross Duffer, Shawn Levy, Nimród Antal

Directeur de la Photographie : Lachlan Milne, Caleb Heymann, Brett Jutkiewicz

Musique : Kyle Dixon, Michael Stein

Chef Décorateur : Chris Trujillo

Direction Artistique : Sean Brennan, John Snow, Paulus Dascioras, Ainis Jankauskas

Casting : Carmen Cuba

Production : Matt & Ross Duffer, Dan Cohen, Shawn Levy, Rand Geiger, Iain Paterson, Emily Morris, Curtis Gwinn, Paula Kramer, Gary Tuck, Richard Denault, Paul Ditchter, Lampton Enochs, Joshua Kohl Hegmann, Tudor Jones, Kate Trefry, Lina Miseikyte

Pays : USA

Durée : 7 x 63 – 98 mn

Diffusion sur Netflix à partir du 27 mai 2022

Acteurs Principaux : Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard, Gaten Matarazzo, Caleb Maclaughlin, Noah Schnapp, Sadie Sink, Winona Ryder, David Harbour, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Joe Keery, Maya Hawke, Brett Gellman, Priah Ferguson, Matthew Modine, Paul Reiser, Jamie Campbell Bower, Joseph Quinn, Robert Englund, Tom Wlaschiha, Nikola Đuričko

Genre : Horreur, Fantastique, Drame

Note : 8/10

Est-il réducteur de réduire Stranger Things à une Madeleine de Proust, un jouet pour grands enfants des générations X-Y souhaitant revivre leurs années 80 ? Les trois premières saisons de la série des frères Duffer comporte quelques beaux moments et elles voit évoluer des personnages plutôt sympathiques. On peut aimer la friandise, se contenter d’un honnête divertissement et applaudir le travail sur les effets visuels, comme celui de la directrice de casting pour avoir croisé des vieux couteaux des 80’s avec une relève plutôt épatante. Pourtant, la lourdeur de l’imagerie et des coups de coude, la somme des agrégats rendent très difficile une émancipation des films produits par Amblin et de ses autres modèles. Mais difficile n’est pas impossible. Les frères Duffer ont frappé fort sur cette première partie de saison 4, du genre gros uppercut dans la boîte à idées. D’abord sur la durée des épisodes, qui dépassent tous l’heure, et qui pour certains dépassent la durée d’un long métrage. Un indice peu engageant tant on connaît le risque de dilution des séries Netflix. Le budget de cette saison casse aussi la baraque puisque chaque épisode a coûté pas moins de 30 millions de dollars, soit deux fois plus que la dernière saison de Game of Thrones. Un record dans le monde des séries tévés. Et alors ? Les Marvel sont ce qu’on produit de plus cher et ils sont pour la plupart des coquilles vides. Alors balayons d’un revers de main tous ces chiffres, et tous les a priori qu’on peut y’accoler. La saison 4 de Stranger Things a réussi à émanciper le show de son lourd héritage, tout simplement parcequ’elle est unique et écrite brillamment.

Les trois premières saisons ont réuni une galerie de personnages, tous liés par le secret – un groupe disséminé aux quatre vents après le final de la saison 3, qui avait tout l’air d’un final de série. On aurait pu accepter cette fin là, et d’autant plus que sur toute cette saison, on voyait les enfants du premier devenir des adolescents « normaux », avec ce que cela implique d’amitiés brisées et d’histoires de coeur (le plus grand point faible de la saison 3). Cette nouvelle saison ne nous fera pas replonger dans cet entre-deux, car les scénaristes ont décidé de passer plusieurs vitesses. Cette saison 4 est avant tout un drame. Si le démogorgon vous a fait mouiller vos draps, attendez de vous frotter aux influences de cette nouvelle saison dont l’univers fantastique se situe quelque part entre les griffes de la nuit (avec un caméo malin de Robert « Freddy » Englund) et Hellraiser. Sur le fil rouge de meurtres d’adolescents dans des circonstances horribles, les premiers épisodes dégagent une atmosphère de poésie noire qui traduit la solitude et le mal-être des personnages. La grande Faucheuse puise sans vergogne dans ce réservoir d’adolescents meurtris. Un groupe de vigilante s’organise dans la ville, qui prend pour cible le maître de jeu d’un club « Donjons & Dragons ». Après avoir été humiliée par ses camarades, Eleven est replongée dans l’enfer de sa prison. Son père a survécu, mais il est torturé dans un camp de travail russe. Le point culminant de ces sept épisodes se trouvant dans l’épisode 4, « Dear Billy », un vrai bijou qui met en vedette Max, la dernière venue du groupe. L’épisode distille habilement sa tension pour la faire exploser dans vingt minutes qu’on n’aurait jamais cru voir dans une série « légère » comme Stranger Things. La scène finale porte quelque chose de véritablement universel sur l’importance de la musique pour se raccrocher à la vie. Sadie Sink y’est bouleversante, et vous n’écouterez plus le « Running up that hill » de Kate Bush de la même façon après avoir vu cet épisode.

Heureusement, il n’y a pas de repos sur un seul climax. Les scénaristes ont habilement construit leur intrigue autour de trois grands axes, eux-mêmes éclatés en plusieurs lieux. Ainsi les héros séparés vivent leurs propres histoires sans qu’on sache quand elles se rejoindront vraiment. Cette séparation et le temps alloué aux épisodes permet de faire respirer les personnages, et de plus impliquer certains qui étaient en retrait dans le groupe d’origine. Le drame et l’horreur n’occultent heureusement pas les moments de comédie propres à la série, qui se marient habilement avec le nouveau ton. On peut craindre un retour des anciens travers sur la dernière ligne droite (un toutéliage assez moyen, la thématique du super-héros, le tank à effets spéciaux etc…), mais il y’a toujours quelque chose pour relever la barre. Cette saison 4 est donc brillamment construite et de loin la meilleure de la série, mais nous ne pourrons la juger dans son entièreté que lorsque les deux derniers épisodes – dont un final d’une durée de 2h19 – auront été diffusés, dès le 1er juillet prochain. Bien sûr que maintenant, cette durée ne nous fait plus peur.

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