Storia di Vacanze – Sages comme une image

Réalisation : Fabio & Damiano D’Innocenzo

Scénario : Fabio & Damiano D’Innocenzo

Directeur de la photographie : Paolo Carnera

Montage : Esmeralda Calabria

Production : Agostino & Giuseppe Saccà

Pays : Italie, Suisse

Durée : 1h40

Sélection Reims Polar 2021

Acteurs Principaux : Elio Germano, Barbara Chichiarelli, Lino Musella, Gabriel Montesi, Max Malatesta

Genre : Comédie noire, Chronique

Note : 7/10

C’est un été très particulier pour les enfants d’une paisible banlieue pavillonnaire des environs de Rome, peut-être le plus décisif de leur jeune vie. Leurs familles tentent de créer l’illusion de vacances qu’elles ne peuvent pas s’offrir, mais eux profitent toujours d’une certaine insouciance, des diners gênants entre voisins et de la naissance d’histoires amoureuses pré-adolescentes. Ils ne saisissent pas encore toutes les frustrations et mesquineries de leurs parents, qui sont toujours à la limite du dérapage, mais ils captent des petits détails. Co-scénaristes du Dogman de Matteo Garrone, Fabio et Damiano D’Innocenzo envoient les enfants achever (inconsciemment) leurs adultes dans cette comédie noire teintée d’instantanés, plongée très adulte dans le ressenti des têtes blondes.

Leur film a beau faire partie de la sélection de ce Reims Polar 2021, il ne faut pas y chercher d’éléments policiers, du moins pas plus qu’il y’en avait dans d’autres chroniques comme le Virgin Suicides de Sofia Coppola ou le récent Roma d’Alfonzo Cuaron. A l’instar de ces deux films, Storia di Vacanze capte une atmosphère, le souvenir et le point de vue d’un instant T, mais son humour noir fait qu’il y’a toujours un recul et qu’on ne sombre jamais dans le drame pur. Le monde des adultes est observé avec circonspection, dans ses côtés grotesques, sa bêtise ordinaire, ses explosions et ses incohérences. On sent petit à petit que quelque chose de noir cherche à s’insinuer dans ces foyers pour grandir. Les réalisateurs scénaristes choisissent de ne jamais mettre en évidence cet élément, le dissimulant dans le récit de la vie de tous les jours et d’autres détails qui semblent bien plus importants à ces enfants. L’introduction du film ne montre t’elle pas un fait divers sordide, un de ces drames qui peut naître d’éléments a priori totalement anodins. Ce film singulier et faussement anecdotique brosse de beaux portraits d’italiens au vitriol et réussit à faire passer un bon moment.

Sleep – Schlaf

Réalisateur : Michael Venus

Scénario : Thomas Friedrich & Michael Venus

Directeur Photo : Marius von Felbert

Montage : Silke Olthoff

Effets Visuels : Andreas Hellmanzik

Son : Stephan Konken, Anders Wasserfall

Production : Verena Gräfe-Höft, Christian Cloos

Pays : Allemagne

Durée : 1h42

Compétition Officielle Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2021. Sortie VOD le 14 mai 2021.

Acteurs Principaux : Gro Swantje Kohlhof, Sandra Hüller, August Schmölzer, Marion Kracht, Max Hubacher, Martina Schöne-Radunski

Genre : Fantastique, Etrange

Note : 7/10

Marlène souffre depuis toujours d’intenses cauchemars et de visions dont elle cherche la signification. Elle est conduite dans un village de montagne qui ressemble étrangement à celui de ces visions. Alors qu’elle séjourne dans l’hôtel local, elle est atteinte de stupeur et se trouve plongée dans une forme de catatonie. Sa fille Mona accourt à son chevet et décide de venir vivre dans cet hôtel le temps que sa mère revienne à elle. Elle apprend à connaître les propriétaires des lieux, Otto et Lore, et apprend que des suicides ont eu lieu parmi les anciens propriétaires de ces bâtiments. Bientôt, elle se rend compte que des détails se recoupent avec les visions décrites par sa mère. Elle décide d’enquêter. Mais les cauchemars ressentis par sa mère commencent à se manifester sur elle.

La paralysie du sommeil et les cauchemars à tiroir sont un terrain propice à l’horreur. Pourtant ils ont été peu exploité dans le genre, à l’exception notable de la série des Freddy. Michael Venus s’emploie à rectifier le tir en mâtinant ce thème d’une mystique des rêves employée à bon escient. Il ne s’agit pas de se perdre dans des couloirs incohérents ou d’onirisme lynchien (que personne ne peut manipuler aussi bien que David Lynch), mais au contraire de l’indistinction qui peut s’opérer entre le rêve et la réalité. En somme de retranscrire cet état intermédiaire où l’on n’est jamais sûr d’être réveillé. En ajoutant un décalage très fin et une dose de danger au sein des cauchemars, la cuisine horrifique prend plutôt bien. Schlaf est un film intéressant et original qui part d’un postulat simple pour s’enfoncer dans un développement plus labyrinthique. Les couloirs qu’il prend révèlent des personnages complexes que le réalisateur Michael Venus s’emploie à effleurer. Il n’y a pas d’effusions, ni de grands sentiments. Mais le surgissement progressif de la vérité se vit comme un train fantôme un peu claustro. Gro Swantje Kohlhof transmet une énergie juvénile au film qui contraste avec l’inquiétante présence d’August Schmölzer, dont le personnage est le spectre persistant d’un passé allemand pas encore enfoui. Le dénouement du film est bien moins surprenant que le chemin emprunté. Mais il se trouvait clairement dans le haut du panier du festival de Gérardmer 2021.

Oxygène – O2

Réalisateur : Alexandre Aja

Scénario : Christie LeBlanc

Directeur de la Photographie : Maxime Alexandre

Réalisateur seconde équipe : Grégory Levasseur

Montage : Stéphane Roche

Chef Décorateur : Jean Rabasse

Ingénieur du Son : Ken Yasumoto

Production : Alexandre Aja, Brahim Chioua, Noémie Devide, Grégory Levasseur, Vincent Maraval

Pays : France, USA

Durée : 1h40

Sortie sur Netflix le 12 mai 2021

Acteurs Principaux : Mélanie Laurent, Matthieu Amalric, Malik Zidi, Marc Saez, Laura Boujenah, Cathy Cerda, Eric Herson-Macarel

Genre : Science-Fiction, Thriller, Drame

Note : 7,5/10

Deux ans après Crawl, Alexandre Aja est de retour avec un thriller qui enferme Mélanie Laurent dans un mystérieux caisson cryogénique. Réveillée par erreur, l’héroïne se rend bientôt compte qu’un compte à rebours est enclenché avant que toute la réserve d’oxygène ne s’épuise, ce qui entraînerait inévitablement sa mort. Le réalisateur des traumatisants Haute Tension et La Colline a des Yeux aurait-il choisi la facilité en nous envoyant le film de confinement ultime, concentré sur 2 mètre carré des peurs ressentis ces derniers mois ? Point trop d’effort nécessaire pour s’identifier à son seul personnage, avec l’isolement qui nous tenaille encore et cette menace d’hypoxie que la COVID rend si proche. Réponse négative. Aja lorgnait déjà sur ce scénario de Christie LeBlanc avant 2020. Repêché dans la black list 2016 (liste des meilleurs scénarios américains non produits), O2 aurait du être une production américaine menée par Noomi Rapace. La COVID obligea le réalisateur à revenir à Paris pour tourner son film avec un casting français et le financement de Netflix. Le résultat est tout sauf un film roublard. Oxygène sait rigoureusement où il va et quels chemins emprunter pour embarquer le téléspectateur.

Les premières minutes peuvent laisser circonspect. La phase de réveil est plutôt banale et la voix doucement monocorde de Matthieu Amalric en intelligence artificielle contrôlant le caisson tend à désamorcer la tension. Cette voix deviendra par la suite menaçante, comique, énervante, rassurante sans même changer de ton, juste de par l’évolution des informations connues par l’héroïne. Une preuve parmi d’autres de cette capacité qu’a Oxygène d’utiliser les stimulations extérieures pour sans cesse renouveler les ressentis, alors qu’on regarde basiquement quelqu’un se débattre dans un caisson pendant 1h40. Ce quelqu’un est pourtant loin d’être immobile. Elle a une histoire à découvrir (elle est amnésique), un contexte spatial et temporel à préciser (où est elle enterrée? A quelle époque?) et une issue à trouver. Le scénario intrique habilement toutes ces questions en les faisant devenir les buts d’une course contre la montre mentale, une sorte d’escape game sous adrénaline. Il dévoile les indices avec parcimonie et une certaine habileté, dans une série de climax qui ont tous leur importance dans la résolution finale. Aja se rapproche de Mélanie Laurent jusqu’à coller à son visage, à la fois pour montrer sa suffocation et le fait qu’elle soit toujours plus proche de reconstitution du puzzle…et de la bombe qu’elle s’apprête à recevoir. Il ne poussera sa caméra hors de la capsule qu’au moment propice, à l’occasion d’une envolée tardive aux allures de chant du cygne.

Oxygène n’est pas aussi bon qu’un Buried (qui enfermait Ryan Reynolds sous la direction de Rodrigo Cortes) dans sa gestion du suspens, ni dans le sentiment d’enfermement qu’il provoque. Il se repose aussi parfois sur des lieux communs de la science fiction et étire son temps plus que de raison. Mais il est d’une densité étonnante pour son pitch. Il donne un grand impact à ses révélations et exploite à merveille les non-dits de l’univers qui enveloppe l’héroïne, qui est à peine effleuré. Il ne se limite pas qu’à son concept et sait se montrer d’une grande constance dans son avancée, à l’image de cet honnête artisan du genre qu’est Alexandre Aja. Un des meilleurs réalisateurs français en activité, autant à son aise chez lui qu’Outre-Atlantique.

Les Ailes de la Renommée – Wings of Fame

Réalisation : Otakar Votocek

Scénario : Otakar Votocek, Herman Koch

Directeur Photo : Alex Thomson

Montage : Hans Von Dongen

Musique : Paul M. Von Brugge

Chef Décorateur : Benedict Schillemans

Costumes : Yan Tax

Production : Dick Maas, Laurens Geels

Pays : Pays-Bas

Durée : 1h56

Sortie VOD et DVD le 6 août 2019. Sortie Bluray le 5 mai 2021

Acteurs Principaux : Colin Firth, Peter O’Toole, Marie Trintignant, Andréa Ferréol, Robert Stephens, Ellen Umlauf, Maria Becker

Genre : Fantastique, Drame, Comédie

Note : 8,5/10

Brian Smith est un écrivain qui n’a pas connu le succès. Par désespoir, il assassine l’acteur César Valentin, l’une des plus grandes stars de son temps. Mais la chute d’un projecteur met un terme à sa vie juste après qu’il ait commis son acte. César Valentin et son meurtrier sont conduits sur une île qui accueille les personnalités décédées encore dans la mémoire des vivants. Ses résidents, logés dans un grand Hôtel, bénéficient d’un plus grand confort en fonction de leur célébrité et leur oubli progressif entraîne une dégradation de leurs conditions de logement, jusqu’à l’expulsion de l’île lorsqu’ils sont totalement oubliés. La célébrité naissante de Brian Smith est désormais liée de façon inextricable à celle de l’homme qu’il a tué.

Les Ailes de la Renommée est un film rare et un cas à part qui fait mentir beaucoup de lieux communs sur la production d’un grand film. Il n’a lui-même pas bénéficié d’une grande renommée à sa sortie, si ce n’est de bonnes critiques louant son originalité et deux prix au Festival d’Avoriaz de 1991 (prix spécial de l’étrange et prix de la critique) . Dans le viseur d’un public cinéphile, il a été redécouvert quelques années plus tard, sans acquérir le statut qu’il méritait. Son réalisateur, le scénariste tchèque Otakar Votocek, n’a pas réalisé d’autre film qui soit sorti au cinéma.

Les Ailes de la Renommée est un film résolument européen. Produit par un habitué des festivals d’Avoriaz des 80’s, le néerlandais Dick Maas (réalisateur de l’Ascenseur et Amsterdamned), il rassemble un casting d’acteurs anglais, français et allemands, pour la plupart des stars dans leur pays (Peter O’Toole, Robert Stephens, Andréa Ferréol) ou en passe de le devenir (Colin Firth, Marie Trintignant). Son approche du fantastique est très minimaliste et anti-spectaculaire, sans élément visuel qui puisse distinguer le fantastique du réel. Un parti pris très difficile qui entraîne dans beaucoup de cas une ambigüité nuisible au film (ce qui se déroule devant nous est-il réel?). Les Ailes de la Renommée échappe à cette ambiguité grâce à un scénario qui intègre astucieusement ce doute et qui accentue le côté symbolique du moindre élément. La traversée du fleuve par le passeur donne le « la » : Nous sommes dans une allégorie pure qu’il faut accepter comme telle, sous peine de s’alliéner comme le personnage de Marie Trintignant. La réalisation nimbée d’onirisme et l’interprétation des hôtes achèvent de nous transporter dans un ailleurs mystérieux. Il n’est sans doute pas un hasard qu’Otakar Votocek ait collaboré au scénario du premier film d’Alex Van Warmerdam (Abel), autre réalisateur européen qui s’emploie à distiller le fantastique dans des cadres très réalistes en y faisant glisser des éléments d’étrangeté.

Etonnant sur la forme, le film est encore plus pertinent sur son fond aujourd’hui qu’à l’époque de sa sortie. La matérialisation de la mémoire des vivants est une transposition satirique à peine exagérée de l’attention qui est réservée à un individu en fonction du statut public. Ce constat déjà fort au début des années 90 s’est érigé en règle dans notre société alors que la célébrité est devenue aussi puissante qu’éphémère, et souvent terriblement arbitraire. Cette île pourrait bien être internet, où notre existence dépend en permanence de notre visibilité. La cérémonie de remise des prix dans la dernière partie du film est une représentation absurde de l’auto-congratulation des vainqueurs de ce régime de la popularité.

Profondément narcissique, César Valentin est un personnage tragique très moderne dont la critique ouverte n’exclue pas une certaine empathie. Cette empathie doit beaucoup au à l’interprétation de l’immense Peter O’Toole. Etait-ce totalement du jeu? La renommée de Peter O’Toole a cette époque équivalait celle de son personnage, mais la génération qui l’avait porté aux nues avait laissé la place à une autre. Nul doute qu’il devait se sentir proche de l’acteur qu’il incarnat. La bienveillance envers César Valentin est aussi soutenue par le changement de point de vue progressif de son meurtrier, pour culminer dans un final pudique et émouvant. Ainsi la célébrité est-elle reconnue comme une sorte de junkie, un dommage collatéral d’un système délétère qu’il est nécessaire d’aider, et le héros trouve le salut en pensant à quelqu’un d’autre que lui. Le tout jeune Colin Firth apporte à Brian Smith une cote de sympathie (pas gagnée pour un assassin) qui permet de faire ce voyage absurde en bonne compagnie et de ne pas se perdre en chemin. Après une diffusion récente sur TCM, les Ailes de la Renommée sort en BluRay ce 5 mai 2021 chez ESC Distribution. Voilà une nouvelle occasion de ne pas passer à côté de ce film atypique.

The Other Side – Andra sidan

Réalisation : Tord Danielsson & Oskar Mellander

Scénario : Tord Danielsson & Oskar Mellander

Directeurs Photo : Andres Rignell & Henrik Johansson

Montage : Joakim Ekström Tessert

Bande Originale : Jonas Wikstrand

Production : Gila Bergqvist Ulfung

Pays : Suède

Durée : 1h27

Compétition Officielle Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2021.

Sortie VOD et DVD le 14 avril 2021

Acteurs Principaux : Dilan Gwyn, Eddie Eriksson Dominguez, Linus Wahlgren, Troy James, Sander Falk

Genre : Maison hantée, épouvante

Note : 6,5/10

Shirin, son mari et le fils de celui-ci, Lucas, né d’un précédent mariage emménagent dans une splendide maison mitoyenne. Le mari est contraint de s’absenter la semaine pour son travail, ce qui laisse notre belle-mère seule avec le beau-fils pour la semaine. Shirin prend à coeur ce rôle, mais elle peine à rivaliser avec la mère du gamin, décédée d’une maladie grave. Sa tâche sera bientôt compliqué par l’arrivée d’amis imaginaires et des manifestations qui commencent à mettre en danger la vie du petit Lucas. Incapable d’expliquer ces phénomènes, la belle-mère passe peu à peu pour la responsable. Pourra t’elle le protéger de ce mystérieux spectre qui rôde et qui semble bien décidé à s’approprier tout ce qui bouge et qui a moins de dix ans ?

Difficile de faire moins original que le synopsis de ce film qui serait inspiré de faits réels. Tord Danielsson et Oskar Mellander usent de tous les lieux communs rencontrés depuis que la maison du diable a fait entrer le film de maison hantée comme sous-genre incontournable du film d’horreur. La Suède est peu prolifique en terme d’horreur (exception faite du très bon Koko-Di Koko-Da de Johannes Nyholm), et on aurait pu s’attendre à ce qu’il y’ait une appropriation réelle du sujet, une patte venue du Nord comme pour le polar, ou bien une intégration du folklore local. The Other Side ne proposera rien d’autre que revisiter les classiques de la maison hantée, qui se sont déjà emparé de la place de la belle-mère dans un cadre similaire (Don’t be afraid of the dark n’est pas si loin). Le constant pillage du Shining de Kubrick devient aussi quelque peu énervant.

Passées ces déceptions, voyons le film pour ce qu’il est. The Other Side est tout entier construit sur l’angoisse. Il réserve quelques apparitions maléfiques, mais l’essentiel de son déroulement est dans cette attente qu’un événement, la disparition du fils, va se produire. Le duo de réalisateurs a réussi à poser son ambiance et à livrer un premier film soigné, (trop) épuré, parfaitement fini, dont certains plans parviennent à rester gravés dans l’esprit. Sa bande originale accompagne efficacement la montée de l’angoisse. Le film parvient à décrire avec acuité les enjeux de la position difficile dans laquelle se trouve Shirin et l’actrice Dilan Gwyn attire instantanément l’empathie. La dissolution prématurée du couple n’est plus une fin en soi à mesure que le film progresse, mais un obstacle à ce qu’elle puisse s’approprier son rôle de belle-mère. Le lien entre Shirin et Lucas est en apparence à sens unique, ce qui donnera une consistance importante à la poursuite qui conclut le film. Ce lien naissant permettra de hisser un peu tout ce qui précède vers le haut.

The Other Side pèche par son manque d’ambition, mais il est honnête et constitue un bon premier essai.

Possessor

Du 27 au 31 janvier, LA REVANCHE DU FILM se met à l’heure du 28e Festival international du film fantastique de Gérardmer, qui a lieu cette année en ligne.

Réalisateur : Brandon Cronenberg

Scénariste : Brandon Cronenberg

Directeur Photo : Karim Hussain

Montage : Matthew Hannam

Assistant Réalisateur : Rob Cotterill

Bande Originale : Jim Williams

Chef Décorateur : Rupert Lazarus

Directeur Artistique : Kent McIntyre

Production : Niv Fishman, Fraser Ash, Kevin Krikst & Andrew Starke

Pays : Canada, Royaume-Uni

Durée : 1h43

Compétition Officielle Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2021

Sortie le 7 avril 2021 en VOD et DVD

Acteurs Principaux : Andrea Riseborough, Christopher Abott, Rossif Sutherland, Tuppence Middleton, Sean Bean, Jennifer Jason Leigh

Genre : Horreur

Note : 7/10

Le deuxième film de Brandon Cronenberg aurait pu se glisser dans les salles de cinéma, si celles-ci avait fini par ré-ouvrir. Neuf ans après la sortie d’Antiviral, il écumait encore les festivals avec un certain succès. Après l’Etrange Festival en septembre dernier, c’est Gérardmer qui accueillait cette nouvelle pelloche organique et sensorielle du fiston de David. Un film qui l’émancipe légèrement de l’ombre paternelle, mais finalement pas tant que ça. L’inquiétante Andrea Riseborough y incarne Tasya Vos, une sorte de parasite criminelle. Employée par une organisation qui lui permet d’habiter le cerveau de personnes, devenues de simples hôtes, elle les utilise pour commettre des crimes commandés par les clients de l’agence. Elle est le meilleur agent dans sa catégorie. L’exécution des scénarios se trouve compliquée par le lien émotionnel qu’elle entretient encore avec son ex-mari et son fils. Sa nouvelle mission se fera dans la peau de Colin, petit-ami de la fille d’un magnat cible de l’entreprise (Sean Bean) et pantin tout désigné. La résistance de l’hôte en fera une mission plus intense qu’elle n’aurait pu le soupçonner. Qui du parasite ou de son occupant réel aura finalement le contrôle de ce corps?

Brandon Cronenberg a gagné des galons sur la forme. Possessor est une belle bataille intérieure qui attaque les sens. Grâce à une utilisation remarquable du son, du montage et de l’image, il plonge dans les textures avec un aplomb vivifiant pour amplifier leur côté organique. Il soigne ses effets gores pour qu’on puisse les ressentir autant que les voir, donnant l’impression de vivre une véritable expérience du meurtre par procuration. Ainsi tout ce qui touche à l’expérience du nouveau corps (et par extension du corps étranger masculin) est une réussite. Il y’a aussi une zone d’ombre bienvenue sur l’organisation criminelle pour laquelle Tanya oeuvre et une amoralité assumée qui sied bien au film. Mais en dépit de l’expérience qu’il procure, Possessor réussit trop souvent à se perdre dans le symbolique et l’abstraction au travers d’images lourdement signifiantes. Ses explications de texte paralysent pas mal de bonnes scènes de la seconde partie et empêchent l’expérience d’être continue. Un film un peu moins autiste, qui se permette plus d’interaction avec son décor et de respiration avec ses personnages secondaires (ici tous plus ou moins figuratifs, malgré un beau casting) aurait aussi été préférable. Mais en l’état, Possessor est plein de belles promesses pour l’avenir.

Wonder Woman 1984

Réalisation : Patty Jenkins

Scénario : Patty Jenkins, Geoff Johns, Dave Callaham, d’après les personnages de William Moulton Marston

Directeur Photo : Matthew Jensen

Montage : Richard Pearson

Bande Originale : Hans Zimmer

Chef Décoratrice : Aline Bonetto

Direction Artistique : Alex Baily, Simon Elsley, Gavin Fitch, Conor Maclay, Charlotte Malynn, Rod McLean, Daniel Nussbaumer, Alan Payne, Peter Russell, James M. Spencer, Darren Tubby

Pays : USA

Durée : 2h31

Sortie française en VOD le 30 mars 2021 et en DVD/BluRay le 7 avril 2021

Production : Patty Jenkins, Charles Roven, Zach Snyder, Deborah Snyder, Stephen Jones, Gal Gadot

Acteurs Principaux : Gal Gadot, Chris Pine, Kristen Wiig, Pedro Pascal, Robin Wright, Connie Nielsen, Lilly Aspell

Genre : Film de super-héros, fantasy

Note : 6,5/10

L’affiche est mensongère. Nous ne verrons pas Wonder Woman 1984 au cinéma. Le 25 décembre dernier, les Etats-Uniens ont pu choisir entre les salles obscures et le streaming sur la chaîne HBO Max pour visionner le dernier film de super-héros DC en date. L’absence d’un horizon de ré-ouverture de nos salles condamnait petit à petit le film, dont la sortie vidéo US s’approchait de plus en plus. Warner Bros France a donc décidé de tabler sur une sortie VOD dans nos contrées le 30 mars, suivie du dvd et du bluray le 7 avril prochain,et le studio ne sera pas le seul à en sortir perdant.

Cette deuxième aventure de Wonderwoman / Gal Gadot en solo n’est pas la purge que beaucoup s’affairaient à dénoncer après l’avoir vu suite à sortie US. Comme beaucoup de films de super-héros DC de ces dernières années, il souffre de sa trop longue durée et d’ambitions visiblement trop grandes, mais il parvient à poser sa barre à seulement un niveau plus bas que le premier film. En 2017, le premier Wonder Woman avait réussi à fournir une intrigue classique et efficace, une bonne reconstitution historique de l’époque de la Première Guerre Mondiale et surtout à insérer un peu d’humour dans un univers DC très peu engageant. Wonder Woman 1984 nous fait retrouver Diana Prince en…1984, mais sans qu’aucune magie ne soit intervenue puisqu’elle est immortelle. La magie de l’Histoire est contenu dans une pierre, un artefact ancien qui a été confié au musée où elle travaille, aux bons soins de sa collègue, la timide et complexée Barbara Minerva (Kristen Wiig). La pierre magique exauce les voeux de quiconque la détient. Elle permettra à Diana et à Barbara de réaliser leur souhait le plus cher. Mais lorsque le businessman Maxwell Lord (Pedro Pascal) s’en empare et fait le voeu de devenir cette pierre, le prix à payer pourrait bien être la destruction de notre monde.

L’idée de départ n’est pas mauvaise. Il est plutôt astucieux de placer cette intrigue à l’époque où le « toujours plus » s’est véritablement installé. Le côté Bigger than Life et nostalgique des 80’s que l’on tend à voir depuis quelques années est peu présent ici. Patty Jenkins aurait plutôt tendance à tomber dans l’excès inverse, la représentation du passé avec le jugement de l’époque actuelle. Ce qui nous vaut beaucoup de situations traitées avec un grand premier degré et qui étaient déjà des stéréotypes à cette époque. Mais ce défaut ne gâche pas le plaisir du film. On ne peut pas en dire autant de la construction de(s) intrigue(s), entremêlées avec plus ou moins de bonheur et d’une manière qui défie tout sens du rythme. Wonder Woman 1984 est composé de trois arcs liées à l’intrigues principales. Diana fait le voeu de retrouver le pilote Steve Trevor (Chris Pine) et il s’incarne dans le corps d’un inconnu : Pourra t’elle sauver le monde, si cela signifie le perdre une nouvelle fois? Barbara fait le voeu de devenir comme Diana : Sauver le monde la ramènerait à sa condition de personnage insignifiant. Maxwell Lord a quand à lui tout à prouver à son jeune fils en dominant le pétrole, puis le monde. A la façon d’un film de super-héros classique (le Superman de Donner est souvent cité), ces trois noeuds s’entremêlent, avec un arrière plan très 80’s de comédie fantastique et un semblant d’intrigue politique.

Sur le papier, la recette pourrait fonctionner. Les ingrédients sont pourtant très vite plombés par une impossibilité de suivre les standards qu’imposent ces intentions. Une scène d’ouverture inutile et une exposition qui n’en finit pas jurent avec la concision des classiques de super-héros cités. Ils font prendre au film un très mauvais départ. La suite donne souvent l’impression de regarder plusieurs univers peu connectés. Aucune de ces intrigues ne parvient à réellement culminer. Pedro Pascal – survolté comme on ne l’a jamais vu- et Kristen Wiig en mode tragi-comique s’éclatent pourtant dans leur composition de vilains attachants et hauts en couleur qui n’auraient pas dépareillé dans les Spiderman de Sam Raimi. A ceci près que Raimi les aurait mieux mis en valeur et en moins de scènes. Wonder Woman 1984 est finalement peu original, prévisible et il ne rattrape jamais sa structure lourde, ni la léthargie causé par sa dilution. Mais il a pour lui un optimisme naïf étonnant pour le DCVerse cinématographique et il parvient à quelques moments à se hisser au niveau de ses inspirations. Avoir été piocher ailleurs que dans les Marvel de la dernière décennie est déjà une initiative à porter à son crédit.

Sputnik Espèce Inconnue – Спутник

Du 27 au 31 janvier, LA REVANCHE DU FILM se met à l’heure du 28e Festival international du film fantastique de Gérardmer, qui a lieu cette année en ligne.

Réalisateur : Egor Abramenko

Scénario : Oleg Malovichko & Andrei Zolotarev

Directeur Photo : Maxim Zhukov

Montage : Aleksandr Puzyryov & Egor Tarasenko

Bande Originale : Oleg Karpachev

Chef Décoratrice : Mariya Slavina

Production : Mikhail Vrubel, Alexander Andryushenko, Fedor Bondarchuk, Ilya Stewart, Murad Osmann, Pavel Burya & Vyacheslav Murugov

Pays : Russie

Durée : 1h53

Sélection Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2021

Acteurs Principaux : Oksana Akinshina, Fedor Bondarchuk, Pyotr Fyodorov, Anton Vasiliev, Pavel Ustinov

Genre : Fantastique historique

Note : 7/10

Sortie en VOD et DVD le 24 février 2021

Sputnik fait partie des bonnes surprises du festival de Gérardmer 2021. On irait d’ordinaire plutôt chercher du côté des espagnols ce genre de films mixant aussi bien le fantastique avec une période noire de l’Histoire d’un pays. Egor Abramenko a pourtant réussi à trouver un bon équilibre pour mettre en relief le dernier pic de la Guerre Froide du point de vue de sa Russie natale tout en racontant une histoire qui pourrait se suivre pour elle-même. En 1984, deux cosmonautes reviennent de l’espace dans un sale état : L’un est mort, l’autre paraît avoir perdu la raison. Véritable héros national, Konstantin Veshniakov a été au contact d’un extra-terrestre qui a investi son corps et qu’une organisation secrète militaire entend bien transformer en arme pour conserver l’équilibre des forces. Mais le colonel Semiradov a commis l’erreur de recruter le docteur Tatiana Klimova pour extirper l’organisme étranger du corps de Konstantin. Opiniâtre et tenace, la camarade est connue pour ses méthodes musclées qui donnent des résultats. Elle ne tarde pas à comprendre que le cosmonaute dissimule un lourd passé et que le colonel et le brillant scientifique ne lui ont pas tout dit de leurs activités.

Ce Sputnik a des allures de thriller historique assaisonné d’une touche de X Files et de film d’alien des années 80. Il est résolument froid, scientifique, à l’image du régime qu’il décrit. Mais cette froideur n’est pas un obstacle au plaisir procuré par la découverte progressive, en même temps que les scientifiques, du lien créé entre le cosmonaute et ce parasite/symbiote. La reproduction réaliste de l’URSS du milieu des années 80 permet de se laisser glisser dans ce laboratoire humain aux ambitions diverses, comme on s’introduisait dans les sphères politiques secrètes de la célèbre série de Chris Carter. Avec cet élément étrange qui remet tout à plat et qui pourrait révolutionner l’équilibre des forces. Pour de nombreux films américains des 80’s, l’extra-terrestre est aussi la rencontre qui change tout, un fantasme collectif qui a traversé deux décennies sous des multitudes de formes. Sputnik n’adopte pas frontalement les codes américains, mais par des moyens détournés. La symbiose entre le cosmonaute perdu et la créature immonde, plus héritière d’Alien que d’E.T, n’est pas annonciatrice d’une relation fusionnelle (ç’aurait été trop d’émotion pour le russe), mais elle est décisive dans la résolution conjointe du conflit de Konstantin et de celui plus larvé de Tatiana Klimova . Une résolution bien plus slave (ou européenne) qu’américaine, mais qui porte pourtant ce charme des films de cette fin de guerre froide, cette touche qui gage que la rencontre avec cet élément extérieur a véritablement changé la protagoniste, à défaut de changer l’équilibre des forces. Plutôt convaincant.

La Mission – News of the World

Réalisation : Paul Greengrass

Scénario : Paul Greengrass & Luke Davies d’après le roman éponyme de Paulette Jiles (2016)

Directeur Photo : Dariusz Wolski

Montage : William Goldenberg

Bande Originale : James Newton Howard

Chef Décorateur : David Crank

Direction Artistique : Natasha Gerasimova, Billy W.Ray, Lauren Slatten

Concepteur de Production : David Crank

Pays : USA

Durée : 1h58

Diffusé sur Netflix à partir du 10 février 2021

Production : Gary Goetzman, Gregory Goodman, Gail Mutrux, Steven Sharedian, Tore Schmidt, Tom Hanks

Acteurs Principaux : Tom Hanks, Helena Zengel, Elizabeth Marvel, Bill Camp, Mare Winningham

Genre : Western

Note : 7/10

Paul Greengrass est connu pour ses films à haute teneur politique (Bloody Sunday, Vol 93), et surtout pour avoir longtemps accompagné Jason Bourne dans ses aventures, shaky cam portée, au plus près des acteurs qui fit école par la suite dans les films d’action. News of the World est sa première incursion dans le western, et il a choisi Tom Hanks, qu’il avait déjà dirigé dans « Captain Phillips » pour négocier ce virage. Hanks est le Capitaine Kidd, ancien combattant de la Guerre de Sécession qui arpente le Sud de l’Amérique des années 1870 pour lire les nouvelles aux populations précaires et travailleuses. Au hasard de sa route, il croise une fillette de 10 ans. Enlevée par des indiens qui ont massacré sa famille des années plus tôt, la gamine se retrouve de nouveau seule après que ces indiens aient été tués à leur tour. Devant l’inaction des autorités, le Capitaine décide de la conduire chez la seule famille qui lui reste. Mais la fillette élevée par les indiens ne parle que leur langue et semble avoir perdu tout souvenir de sa vie d’avant. La modernité du réalisateur face au classicisme du sujet et la curiosité de voir Tom Hanks se fondre dans ce décor de western suffisent à attiser la curiosité. Elle

Le réalisateur a choisi de se conformer au genre qu’il visite, probablement à raison. News of the World traîne le lourd héritage de La Prisonnière du Désert de John Ford. Il ne se départit pas d’un beau cinémascope qui se savourera avec plaisir sur un écran géant, des vignettes Fordiennes et de cette thématique consacrée de l’innocente victime de l’Ouest sauvage. Mais il y’ajoute l’humanisme et la langueur mélancolique typiques des western et néo-westerns Eastwoodiens/Costneriens des années 90. Son thème, la résilience et l’union dans une époque particulièrement hostile, prendra un écho particulier dans l’Amérique divisée et le contexte actuel. News of the World ne dissimule pas la dureté de l’Ouest et la difficulté de la vie des pionniers, mais il apporte de la lumière. Protagoniste qui se suffit à lui-même pour évoluer tel un électron libre dans n’importe quel univers qui n’est pas le sien, Tom Hanks incarne cette lumière qui jure avec le décor, comme il le fait très bien depuis maintenant quatre décennies. Son personnage est en proie au doute et possède son propre parcours de rédemption, mais il ne fléchit que peu. La véritable héroïne est la fillette qui partage la vedette, incarnée par l’allemande Helena Zengel. Entre mutisme et défiance, elle brille toute en retenue, accompagnant le rythme balisé et posé du voyage avec une assurance étonnante pour une actrice de son âge. Sa présence parvient à en dire plus sur le peuple qui l’a éduquée que ne l’auraient faites de nombreuses scènes. Les indiens seront d’ailleurs toujours dans l’ombre, comme une histoire qui fait peur, spectre prolongeant la haine du Nordiste pour les américains Sudistes. News of The World ne surprendra guère, mais c’est un western solide et incarné qui raconte très bien son histoire. Le Capitaine Kidd approuverait.

1BR : The Appartment

Un thriller paranoiaque dénué de l’aspect insidieux et graduel qui fait le succès de ce genre de thriller.

Réalisation : David Marmor

Scénario : David Marmor

Assistants réalisateurs : Harry Katz, Patrick Scahill

Directeur Photo : Julien Poupard

Bande Originale : Ronen Landa

Monteurs : Rich Fox, David Marmor, Anna Rothke

Directeur Artistique : Ni Ni Than

Chef Décorateur : Ricardo Jattan

Budget : Inconnu

Pays : USA

Durée : 1h30

Compétition Festival de Gérardmer 2020

Sortie en VOD le 11 février 2021

Production : Jake Alden Falconer, Allard Cantor, Nic Izzi, Alok Mishra, Jarod Murray, Sam Sandweiss, Epicenter, Malevolent Films

Genre : Thriller Paranoiaque, Horreur

Acteurs Principaux : Nicole Brydon Bloom, Alan Blumenfeld, Susan Davies, Naomi Grossmann

Note : 6/10

Symptôme d’un individualisme rampant, prise de conscience plus ténue du contrôle social ou bien d’un monde qui promeut l’individualisme en jetant des oppressions plus insidieuses? L’enfermement social est plus que jamais présent à Gérardmer 2020, et également au programme  du film de l’américain David Marmor. Une gamine toutafé normale en conflit avec son père trouve un bel appartement avec de sympathiques voisins qui l’entourent de leur affection. Un paradis de voisinage ? Bien sûr que non, car nous sommes bien dans un thriller paranoiaque type Rosemary’s baby ou le locataire, mais sans le côté Polanskien. Un BR traite d’expérimentation, présentant un idéal collectif face à l’individualisme de l’héroïne.

Le problème est qu’il est trop mécanique et grandiloquent dans son déroulement, dénué de l’aspect insidieux et graduel qui fait le succès de ce genre de thriller. Il se montre même parfois complaisant dans le processus de torture, trahissant l’impatience du réalisateur. Au final, on ne ressent pas de tension croissante, mais quelques moments chocs au milieu de passages obligés. L’héroïne incarnée par Nicole Brydon Bloom est sympathique, mais trop polissée pour attirer la sympathie et les voisins bien trop caricaturaux. L’intrigue ne brille pas non plus par son originalité, se contentant de dérouler mathématiquement le plan des géoliers. Un film très binaire en somme, mais qui se laisse regarder.