Storia di Vacanze – Sages comme une image

Réalisation : Fabio & Damiano D’Innocenzo

Scénario : Fabio & Damiano D’Innocenzo

Directeur de la photographie : Paolo Carnera

Montage : Esmeralda Calabria

Production : Agostino & Giuseppe Saccà

Pays : Italie, Suisse

Durée : 1h40

Sélection Reims Polar 2021

Acteurs Principaux : Elio Germano, Barbara Chichiarelli, Lino Musella, Gabriel Montesi, Max Malatesta

Genre : Comédie noire, Chronique

Note : 7/10

C’est un été très particulier pour les enfants d’une paisible banlieue pavillonnaire des environs de Rome, peut-être le plus décisif de leur jeune vie. Leurs familles tentent de créer l’illusion de vacances qu’elles ne peuvent pas s’offrir, mais eux profitent toujours d’une certaine insouciance, des diners gênants entre voisins et de la naissance d’histoires amoureuses pré-adolescentes. Ils ne saisissent pas encore toutes les frustrations et mesquineries de leurs parents, qui sont toujours à la limite du dérapage, mais ils captent des petits détails. Co-scénaristes du Dogman de Matteo Garrone, Fabio et Damiano D’Innocenzo envoient les enfants achever (inconsciemment) leurs adultes dans cette comédie noire teintée d’instantanés, plongée très adulte dans le ressenti des têtes blondes.

Leur film a beau faire partie de la sélection de ce Reims Polar 2021, il ne faut pas y chercher d’éléments policiers, du moins pas plus qu’il y’en avait dans d’autres chroniques comme le Virgin Suicides de Sofia Coppola ou le récent Roma d’Alfonzo Cuaron. A l’instar de ces deux films, Storia di Vacanze capte une atmosphère, le souvenir et le point de vue d’un instant T, mais son humour noir fait qu’il y’a toujours un recul et qu’on ne sombre jamais dans le drame pur. Le monde des adultes est observé avec circonspection, dans ses côtés grotesques, sa bêtise ordinaire, ses explosions et ses incohérences. On sent petit à petit que quelque chose de noir cherche à s’insinuer dans ces foyers pour grandir. Les réalisateurs scénaristes choisissent de ne jamais mettre en évidence cet élément, le dissimulant dans le récit de la vie de tous les jours et d’autres détails qui semblent bien plus importants à ces enfants. L’introduction du film ne montre t’elle pas un fait divers sordide, un de ces drames qui peut naître d’éléments a priori totalement anodins. Ce film singulier et faussement anecdotique brosse de beaux portraits d’italiens au vitriol et réussit à faire passer un bon moment.

Saint Maud

Peu immersif et baigné dans une langueur auto-complaisante, le chemin de croix religieux de la pauvre Maud paraît durer des heures.

Réalisatrice : Rose Glass

Scénariste : Rose Glass

Directeur Photo : Ben Fordesman

Bande Originale : Adam Janota Bzowski

Montage : Mark Towns

Chef Décoratrice : Paulina Rzeszowska

Casting : Kharmel Cochrane

Budget : Inconnu

Pays : Royaume-Uni

Durée : 1h24

Compétition Festival de Gérardmer 2020

Production : Escape Plan Productions, Film 4, BFI Film Fund

Genre : Drame, Horreur

Acteurs Principaux : Morfydd Clark, Jennifer Ehle, Lily Frazer

Note : 4/10

Dans le sillage de The Lodge, un autre film du festival de Gérardmer 2020 qui joue sur l’ambiguité et qui baigne dans la religion. Une jeune infirmière à domicile est dépêchée pour aider une danseuse dans ses derniers jours. Un lien particulier se développe entre la soignante et la malade, qui tient plus de la protection que de l’accompagnement. Maude est obsédée par l’idée de sauver l’âme d’Amanda. L’idée de ce film britannique est d’épouser le point de vue d’une personne religieuse au dernier degré et sa vue sur le monde extérieur.

A ce jeu, Saint Maud est moins binaire qu’il n’y paraît, s’autorisant à mener son héroïne plus d’une fois sur le sentier du pécher. Une grande partie du film est bâti sur la chute et le doute, et on se figure qu’une certaine renaissance intérieure viendra. Le problème est que le film est très court et qu’il paraît durer plus de deux heures, tant rien n’est fait pour quitter cet enfermement de l’héroine tout en refusant de communiquer via la réalisation une certaine matérialisation de ses sentiments. Saint Maud est trop descriptif, trop ambigu dans son parti pris, trop monotone, pas assez ressenti pour emporter l’adhésion. Aussi son final abrupte, qui se veut surprenant et poignant sera d’un grand ridicule.