The Expanse – Saison 5

Créateur / Showrunner : Naren Shankar

Scénaristes : Daniel Abraham, Mark Fergus, Ty Franck, Hawk Otsby, Hallie Lambert, Matthew Rasmussen, Dan Nowak, Naren Shankar

Réalisateurs : Breck Eisner, Jeff Woolnough, Marisol Adler

Directeur Photo : Jeremy Benning, Ray Dumas

Montage : Stephen Roque, Roderick Deogrades, Nicholas Wong

Bande Originale : Clinton Shorter

Chef Décorateur : Anthony A. Ianni

Direction Artistique : Jamie Frith

Costumes : Joanne Hansen

Pays : USA

Durée : 10 x 42 mn

Diffusée sur Prime Video à partir du 16 décembre 2020

Production : mark Fergus, Hawk Otsby, Andrew A. Kosove, Broderick Johnson, Laura Lancaster, Sharon Hall, Sean Daniel, Jason Brown, Daniel Abraham, Ty Franck, Naren Shankar, Dan Nowak

Acteurs Principaux : Steven Strait, Dominique Tipper, Cas Anvar, Wes Chatham, Frankie Adams, Cara Gee, Shohreh Aghdashloo, Keon Alexander, Jasai Chase Owens, Chad L. Coleman, Michael Irby

Genre : Science Fiction, Space Opera

Note : 6,5/10

L’arrêt de The Expanse par SyFy à l’issue de sa saison 3 paraissait être complètement absurde. La série venait de donner sa meilleure saison et livrait avec l’achèvement de la quête de l’Anneau, un pont en or pour que les choses sérieuses démarrent. Amazon Prime fit office de sauveteur, donnant au plus scientifique des Space Opera une chance de prouver sa valeur. Deux saisons plus tard, on peut légitimement se demander si la série n’aurait pas mieux fait de s’arrêter sur son annulation. A l’issue d’une saison 4 très molle et particulièrement bavarde, The Expanse se débarrassait d’un de ses personnages les plus charismatiques pour mettre sur le devant de la scène Marco Inaros, ex de Naomi Nagata et leader de la lutte des peuples de la Bordure contre les Intérieurs (la Terre et Mars). Un personnage qui n’avait auparavant pas fait une grande impression. C’était un mauvais début pour cette saison 5, qui s’est très vite confirmé sur une grande partie de la saison.

L’idée des scénaristes était de séparer les quatre membres du Rocinante : Holden, Naomi, Amos et Alex afin de les faire régler leurs comptes avec le passé. Amos retourne sur Terre à Baltimore. Alex retrouve Mars et sa famille. Naomi prend sur elle d’affronter Inaros pour retrouver son fils. Seul Holden reste sur le vaisseau, puis à Tycho pour tenir compagnie à Fred Johnson. L’intrigue la plus importante sera bien sûr celle de Naomi, puisqu’ intimement liée à celle plus générale de la déclaration de guerre d’Inaros et des siens par l’attaque de la Terre. Chacun va vivre cet événement tragique de son point d’observation et le but est que tous se réunissent à l’issue de cette saison, ressortant grandis de cet intermède. Le problème est que dans une série qui a autant de bouteille, les retours aux sources durent généralement un ou deux épisodes. Les héros du Rocinante sont complémentaires. Ici, ils semblent subir des intrigues sans véritable originalité avec un lot de seconds rôles obligés pour leur donner la réplique. Le résultat est loin de ce qu’on attendrait d’une série ambitieuse comme The Expanse. L’ensemble se suit avec un ennui constant sur les huit premiers épisodes de la saison en dépit des enjeux qui se jouent. L’intrigue politique générale n’étant qu’une répétition, à peu de choses près, de ce qu’on a déjà vu sur les premières saisons. Seuls la fantastique Drummer et le duo de martiens constitué par Bobbie et Alex parviennent à tenir en éveil, par curiosité de voir si l’ensemble démarrera sur le dernier tournant.

Le réveil a lieu bien trop tard, par une pirouette agile réalisée par Naomi Nagata. L’épisode suivant sera centré sur elle et sa survie au milieu d’un panier de crabe, alors que le Rocinante est menacé d’être détruit par Inaros et sa clique. Le dernier épisode réhabilitera in extremis le personnage qui a sans doute été le plus mis à mal sur cette saison 5, coincée dans une intrigue familiale de soap interminable. Ce dernier épisode comporte aussi les seuls instants de grâce qu’on pourra dénoter sur cette saison, et ils font un bien fou. Mais on ne retiendra pas la fin du personnage d’Alex comme un des moments les plus glorieux de la série. L’acteur Cas Anvar a été viré suite à des accusations d’harcèlement sexuel sur le plateau. Les scénaristes ont réservé à son personnage, un des quatre héros, un départ par dessus la jambe qu’on aurait à peine souhaité à un second rôle. Quitte à punir l’acteur, autant punir aussi le spectateur. Ce désagrément est représentatif des maladresses scénaristiques et des choix douteux faits sur la série depuis deux ans. Il semble qu’elle vive sur les seuls acquis de sa période SyFy. Il serait pourtant temps de mettre le coup d’accélérateur puisque la saison 6 sera la dernière. Il y’a encore tant de choses à raconter sur la proto-molécule et sur ces mondes derrière les anneaux.

Good Omens

Cette sympathique et fidèle adaptation dépasse de plusieurs coudées les précédentes adaptations de l’oeuvre de Terry Pratchett.

Créateur / Showrunner : Neil Gaiman

Scénario : Neil Gaiman, d’après l’oeuvre de Terry Pratchett et Neil Gaiman

Réalisation : Douglas McKinnon

Directeur Photo : Gavib Finney

Montage : William Oxwald, Emma Oxley

Bande Originale : David Arnold

Chef Décorateur : Michael Ralph

Direction Artistique : Barry Coetzer, Mark Hudson, Gareth Cousins

Durée : 6 x 51-58 mn

Pays : UK

Diffusé sur Amazon Prime depuis le 31 mai 2019

Acteurs Principaux : David Tennant, Michael Sheen, Frances McDormand, Sam Taylor Buck, John Hamm, Michael McKean, Adria Arjona, Jack Whitehall, Ned Dennehy, Miranda Richardson

Production : Rod Brown, Douglas MacKinnon, Neil Gaiman, Chris Sussman, Simon Winstone, Caroline Skinner, Rob Wilkins, Phil Collinson

Genre : Comédie, Fantastique

Note : 7,5/10

Le 12 mars 2015, un Grand Homme nous a quittés dignement. Pour en savoir plus sur ses qualités humaines vous êtes invités à lire l’ouvrage « Lapsus Clavius », mais vous pouvez aussi constater par vous-même le talent en lisant son œuvre. Chez Terry Pratchett, il n’y avait pas que le disque monde, même si ce dernier a mangé tout le reste de par sa démesure et même si le Guêt restera dans l’histoire du polar pour au moins encore quelques années. En 1990, Le jeune Neil Gaiman l’avait accompagné dans l’écriture de « Good Omens », obscur roman qui prévoyait l’apocalypse quelque part dans la campagne anglaise, avec entre autres ingrédients un ange et un démon prêts à faire cause commune pour sauver notre monde, l’antéchrist et sa bande de potes, une romance entre le descendant d’un inquisiteur et… la descendante d’une sorcière et des bikers de l’apocalypse. Tout ça ne faisant que copier les célèbres prophéties d’Agnès Barge, ce qui ne laissait aucun mérite aux auteurs (qui avaient aussi salement pompé la Malédiction de Richard Donner et quelques versets du Nouveau Testament), sinon un certain talent de pompeur. L’ouvrage fut pourtant convoité au-delà d’Ankh Morpork, au point d’avoir loupé de peu l’adoubement suprême : Une adaptation par Terry Gilliam. Cette adaptation pour Amazon Prime a vu le jour sous le patronage de Neil Gaiman, avec l’intention de rendre hommage à son compère.

Cette fidélité au style de Terry Pratchett et à la chronologie du roman transparaît clairement dans ces six épisodes. Les événements se déroulent dans l’ordre, respectant leur côté un peu foutraque, le grand nombre de personnages venant se greffer progressivement à l’intrigue et leurs caractéristiques. Tout au plus il sera fait quelques aménagements (le plus grand temps de présence des anges, l’absence des motards de l’apocalypse). Des passages du bouquin sont plaqués tels quels à travers la narration de Dieu – Frances McDormand- en voix off. Le procédé part visiblement de cette volonté d’hommage, mais il devient vite lourd, et on peut se féliciter qu’il ne soit pas omniprésent. De la même façon, un livre n’est pas une série et l’absence d’un réel effort d’adaptation pèse sur le rythme de la deuxième partie de « Good Omens ». Cette partie pâtit également du fait que tout ce qui donnait un peu d’ampleur à l’apocalypse est laissé de côté. Bien que ce soit une apocalypse à faible portée, le résultat à l’écran sent le budget série et la réalisation est trop souvent fonctionnelle.

Ces scories ne masquent pas le plaisir de cet adaptation, qui dépasse de plusieurs coudées les précédentes adaptations de l’oeuvre de Terry Pratchett. Le générique est superbe, les acteurs sont tous très bons (Tennant et Sheen en premier) et les personnages principaux attachants. Ainsi la première partie du troisième épisode, qui s’étend longuement sur les origines de l’amitié de l’ange Aziraphale et du démon Rampa présente une réelle bouffée d’air frais. Absents du bouquin, ces passages n’en demeurent pas moins dans son ton et permettent une émancipation bienvenue. Ils manquent au fur et à mesure qu’on revient au standard. Dans son ensemble, ce « Good Omens » est une réussite. La transcription de l’univers absurde de l’auteur a toujours été un casse-tête, et si certaines scènes fonctionnent moins qu’à la lecture, cela prouve seulement que du Pratchett en live, c’est improbable. Ce qu’on obtient ici est à peu près le meilleur rendu qu’on pouvait avoir. Et dans le cas tout aussi improbable d’une nouvelle adaptation du Disque Monde, la piste d’une performance capture à la « Tintin » à la croisée de l’animation et du réel serait la plus pertinente.